Un plan patronal pour accélérer l’ajustement budgétaire
Le Medef, première organisation patronale, a consolidé une série de propositions budgétaires et fiscales visant à économiser 100 milliards d’euros d’ici 2030, avec un palier de 44 milliards d’euros dès 2027, selon un document cité par Les Echos et dont l’existence a été confirmée à l’AFP par l’organisation. L’objectif affiché: ramener le déficit public à 4,2% du PIB en 2027, après 5,1% en 2025, puis sous 3% en 2029, en cohérence avec la trajectoire gouvernementale.
Mesures phares: TVA, retraites et dépenses publiques
Le texte, présenté comme une contribution au débat, agrège des pistes “issues pour la plupart de rapports de la Cour des comptes ou de l’Inspection générale des finances”. Le Medef défend prioritairement une action sur les dépenses publiques, jugée moins récessive qu’une hausse générale des impôts, et une reconfiguration de certains prélèvements.
- TVA: relèvement proposé de +2,3 points du taux, couplé à un allègement des cotisations sociales.
- Retraites: relèvement de l’âge de départ à 65 ans; retraites de base gelées l’an prochain puis sous-indexées jusqu’en 2030.
- Fonction publique: baisse des effectifs et gel du point d’indice.
- Prestations sociales: gel envisagé.
- Assurances maladie: diminution des remboursements de santé.
- Chômage: durcissement des droits.
- Subventions: baisse des aides de l’État aux associations.
- Entreprises: fin de la surtaxe sur les bénéfices des plus grandes; baisse des impôts de production envisagée dès 2027.
Le Medef indique à l’AFP qu’il s’agit d’une « contribution » au débat public et juge la baisse des dépenses « moins récessive » qu’une augmentation de la fiscalité.
Qui serait concerné, et à quel horizon ?
Le paquet toucherait plusieurs catégories: consommateurs (via la hausse de la TVA), retraités actuels et futurs (âge de départ porté à 65 ans, revalorisations de base limitées), agents publics (effectifs et rémunération indiciaire), allocataires (gel de certaines prestations), demandeurs d’emploi (droits resserrés), ainsi que les assurés (prise en charge de soins réduite). À l’inverse, les entreprises bénéficieraient de baisses ciblées de charges et d’impôts, notamment la suppression de la surtaxe sur les plus grands bénéfices et un allègement des impôts de production à l’horizon 2027.
Trajectoire budgétaire annoncée
Le document relayé par Les Echos fixe une cadence de redressement compatible avec les engagements européens: 44 Md€ d’économies en 2027, puis poursuite de l’effort jusqu’à 2030 pour cumuler 100 Md€. Cette trajectoire permettrait, sur la base des hypothèses avancées, de réduire le déficit à 4,2% du PIB en 2027 (contre 5% visés par le gouvernement cette année) et à moins de 3% en 2029.
| Indicateur | Valeur/Horizon |
|---|---|
| Économies visées | 44 Md€ en 2027; 100 Md€ d’ici 2030 |
| Déficit public | 5,1% en 2025; 4,2% en 2027; <3% en 2029 |
| TVA | Relèvement de +2,3 points proposé |
| Retraites | Âge légal 65 ans; base gelée un an puis sous-indexée jusqu’en 2030 |
Un cadre encore politique, pas une loi
Ces propositions ne constituent pas un texte gouvernemental ni un projet de loi: elles forment une base de discussion, adossée pour l’essentiel à des recommandations d’instances de contrôle (Cour des comptes, IGF). L’organisation patronale, qui assume privilégier la maîtrise de la dépense, y voit un moyen d’éviter une hausse généralisée des prélèvements. La mise en œuvre supposerait des arbitrages politiques et, pour plusieurs mesures (TVA, retraites, prestations), des modifications législatives susceptibles d’un contrôle constitutionnel et d’une concertation sociale approfondie.
Conséquences fiscales et sociales potentielles
Sur le plan fiscal, la hausse de TVA renchérirait la consommation, tout en finançant un allègement des cotisations employeurs. Côté ménages, le triptyque retraites, prestations sociales et remboursements de santé pèserait sur les revenus et dépenses courantes, à rebours des allègements consentis aux entreprises. Le profil d’effort, partagé entre fonctionnaires et retraités selon le document, déplacerait le centre de gravité de l’ajustement sur la dépense publique. À ce stade, il s’agit d’une contribution structurée au débat, dont les effets concrets dépendront des choix du gouvernement et du Parlement.