Une mobilisation relancée face à l'absence de solutions
La Coordination Al Karama, qui regroupe des diplômés universitaires privés d'emploi, a décidé de reprendre ses actions de rue en lançant, à partir du lundi 13 juillet, un sit‑in quotidien et illimité devant le siège du ministère de l'Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports à Rabat. Après une interruption de plusieurs semaines, les manifestants estiment que les entretiens conduits avec les autorités n'ont produit aucune mesure tangible capable de répondre à leurs revendications.
Ce que demandent les manifestants
Le collectif réclame avant tout des solutions concrètes pour permettre l'accès à l'emploi des titulaires de diplômes qui, selon lui, traversent une période de chômage prolongé et coûteuse sur le plan personnel et professionnel. Les représentants de la coordination affirment avoir multiplié les séances de dialogue, sans résultat probant, et imputent aux pouvoirs publics une politique de reports et de retards dans le traitement de leur dossier.
« Les autorités concernées ont épuisé tous les prétextes de report et de tergiversation sans proposer la moindre solution équitable ni mesure concrète. »
Durée, stratégie et responsabilité
La question centrale pour les manifestants est claire : la mobilisation est « jusqu'à obtention d'une réponse » — formule qui traduit l'intention de poursuivre l'occupation quotidienne du ministère tant que des engagements précis ne seront pas pris. Les acteurs du collectif rendent les autorités pleinement responsables de l'évolution de la situation, dénonçant une prise en charge jugée insuffisante depuis près de deux ans de mobilisation continue.
Conséquences pour les demandeurs d'emploi et l'administration
En reprenant ce sit‑in, les diplômés cherchent à maintenir la pression publique pour obtenir des mesures immédiates — que ce soit des créations de postes, des programmes d'insertion spécifiques ou des plans de recrutement. Pour les concernés, l'enjeu n'est pas uniquement économique mais aussi social : le collectif évoque la « consommation » de « la fleur de l'âge », formule utilisée pour décrire le coût humain des années passées au chômage malgré un diplôme.
- Objectif : obtenir des mesures concrètes et équitables pour l'emploi des diplômés.
- Moyen : sit‑in quotidien illimité devant le ministère à Rabat.
- Contexte : mobilisation entamée il y a près de deux ans, avec interruptions ponctuelles.
Calendrier et antécédents
| Période | Événement |
|---|---|
| Depuis ~2 ans | Mobilisations répétées de la Coordination Al Karama |
| Mai (dernier sit‑in) | Suspension autour de l'Aïd Al‑Adha |
| Lundi 13 juillet | Reprise du sit‑in quotidien illimité |
La reprise de l'occupation marque une phase de durcissement : après des discussions qualifiées d'inefficaces, les diplômés optent pour une visibilité accrue afin de forcer une réponse publique. Pour l'administration, la pression pourrait contraindre à accélérer des propositions, mais elle pose aussi la question des moyens budgétaires et des mécanismes de recrutement.
Pour les employeurs potentiels et les acteurs de l'insertion, cette mobilisation rappelle l'urgence d'adapter les politiques d'emploi aux réalités des diplômés : transitions école‑emploi plus fluides, dispositifs d'accompagnement ciblés et, éventuellement, dispositifs temporaires d'insertion pourraient alléger une pression sociale croissante.
Reste à voir si la méthode du sit‑in quotidien permettra d'obtenir des engagements fermes et chiffrés du ministère, ou si le mouvement restera symbolique sans réponses structurelles. La capacité des autorités à transformer les discussions en mesures effectives sera le véritable test de cette reprise de mobilisation.