Les chiffres clés de la Drees sur les pensions en fin 2024
Selon le panorama de la Drees publié le 14 octobre 2026, la pension moyenne brute mensuelle, complémentaire comprise, est de 1 610 € pour un retraité dont le régime général a été le régime principal de sa carrière, et de 2 570 € pour un ancien fonctionnaire civil de l'État. Autrement dit, l'écart moyen affiché entre privé et État atteint 960 € par mois.
Ces montants sont exprimés en brut, arrondis à 10 € et incluent la majoration pour trois enfants ou plus lorsque celle-ci s'applique. Ils se rapportent aux pensions versées fin 2024 et portent sur le régime principal — c’est‑à‑dire le régime où le retraité a effectué plus de la moitié de sa carrière.
Quand la comparaison tient compte de la durée de carrière
La Drees rappelle toutefois que la différence de 960 € résulte d'un calcul sur des moyennes qui mélangent des carrières complètes et incomplètes. Lorsqu'on retient uniquement les personnes ayant une carrière complète, la pension moyenne passe à 2 020 € pour le régime général et à 2 750 € pour la fonction publique d'État : l'écart tombe ainsi à 730 €.
Pour les anciens agents relevant de la CNRACL (agents territoriaux et hospitaliers), la Drees observe que la presque totalité de l'écart disparaît à carrière complète : la pension moyenne y est de 2 010 €, quasiment au même niveau que celle du régime général à carrière complète (2 020 €).
Répartition des pensions moyennes par régime
| Régime | Pension moyenne mensuelle brute |
|---|---|
| Régime général (privé) | 1 610 € |
| Fonction publique d'État | 2 570 € |
| Anciens agents territoriaux et hospitaliers (CNRACL) | 1 860 € |
| Exploitants agricoles non salariés (MSA) | 970 € |
| Professions libérales | 2 840 € |
| Régimes spéciaux | 2 740 € |
| Ensemble des retraités | 1 750 € |
Que dit la Drees sur l'interprétation de ces écarts ?
La Drees souligne que comparer des moyennes de régimes différents sans tenir compte de la durée et de la complétude de la carrière conduit à surestimer les écarts. Les pensions moyennes intègrent des populations hétérogènes : personnes ayant exercé plusieurs activités, carrières interrompues, départs anticipés ou droits accumulés dans plusieurs régimes.
- Si l'on compare toutes les pensions sans ajustement, l'écart entre privé et État est de 960 €.
- Si l'on ne compare que les carrières complètes, l'écart tombe à 730 €.
- Pour la CNRACL (territoriaux et hospitaliers), l'écart disparaît presque à carrière complète (2 010 € contre 2 020 €).
Ces précisions ont des implications politiques et sociales : elles montrent que la lecture brute des chiffres peut alimenter des perceptions d'injustice sans tenir compte des mécanismes de calcul et du profil des carrières. Elles sont également importantes pour les discussions sur l'harmonisation des régimes et sur les mesures visant à réduire les inégalités entre retraités.
Conséquences pour les assurés et pour le débat public
Pour un assuré qui souhaite comprendre sa future pension, ces résultats rappellent l'importance de deux paramètres : la durée d'assurance et le fait d'avoir exercé l'activité dans un seul régime ou plusieurs. Sur le plan politique, évoquer uniquement l'écart moyen sans distinguer carrières complètes et incomplètes peut conduire à des conclusions erronées sur l'équité des systèmes.
En résumé, les montants publiés par la Drees donnent une photographie nationale : ils mettent en évidence des différences substantielles entre régimes mais aussi la part importante jouée par la structure des carrières. Pour évaluer l'ampleur réelle d'une inégalité, il faut donc regarder les comparaisons strictement sur des profils similaires — notamment les carrières complètes — et non se contenter des moyennes agrégées.