Des prévisions ambitieuses mais mesurées pour 2027
Le gouvernement anticipe une croissance du produit intérieur brut de 3,1 % en 2027, après une année 2026 désormais attendue à 2,7 %. Ces projections figurent dans le projet de budget économique présenté aux institutions nationales. Pour le pouvoir public, 2027 doit marquer un coup d’accélérateur de l’activité, porté par un surcroît d’investissements et un rebond des exportations.
Ce que prévoient les chiffres clés
- Revenu par habitant : passage de 15 605,7 dinars en 2026 à 16 735,9 dinars en 2027, soit un gain de 1 130,2 dinars.
- Taux d’investissement : attendu à 16,4 % du PIB en 2027 contre 15,5 % en 2026.
- Investissements directs étrangers (IDE) : projetés à 4,8 milliards de dinars en 2027, contre 4 milliards en 2026 (+20 %).
- Exportations : croissance attendue de 8 % (vs 7,5 % en 2026); les importations devraient progresser moins vite (7,9 % vs 10 %).
- Déficit commercial : ramené à 3,7 % du PIB en 2027 contre 3,9 % en 2026.
- Inflation : légère décélération, 5,3 % en 2026 vers 5,2 % en 2027.
- Chômage : taux global attendu à 14,5 % en 2027 (14,9 % en 2026). Améliorations ciblées : jeunes 15-24 ans 35 % (vs 35,4 %) ; diplômés de l’enseignement supérieur 25 % (vs 26,6 %).
Pourquoi ces projections importent pour l’emploi
Une croissance plus soutenue et un supplément d’investissements vont en principe créer des débouchés, surtout si les secteurs exportateurs se redressent. L’augmentation prévue des IDE et du taux d’investissement peut traduire des besoins accrus en recrutement, en compétences techniques et en sous-traitance. Mais la translation de ces promesses macroéconomiques en emplois dépendra de la nature des investissements (infrastructures, industrie, services) et de leur localisation.
Des progrès limités et des risques persistants
Les gains annoncés restent modestes : la baisse du chômage est marginale et l’inflation reste au-dessus de 5 %, un niveau qui continue d’éroder le pouvoir d’achat. Par ailleurs, le gouvernement a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour 2026 (de 3,3 % à 2,7 %), en pointant des performances décevantes dans le phosphate et l’énergie et l’impact continu des variations climatiques et de la conjoncture internationale. Ces facteurs rappellent que la trajectoire de l’emploi reste vulnérable aux chocs sectoriels et externes.
Tableau synthétique des principaux indicateurs
| Indicateur | 2026 (prévu) | 2027 (prévision) |
|---|---|---|
| Croissance (PIB) | 2,7 % | 3,1 % |
| Revenu par habitant | 15 605,7 dinars | 16 735,9 dinars |
| Taux d'investissement | 15,5 % | 16,4 % |
| IDE | 4,0 milliards | 4,8 milliards |
| Inflation | 5,3 % | 5,2 % |
| Chômage | 14,9 % | 14,5 % |
Ce que doivent attendre salariés et employeurs
- Pour les salariés : quelques opportunités d’embauche pourraient apparaître, mais le pouvoir d’achat restera contraint si l’inflation reste à plus de 5 %.
- Pour les demandeurs d’emploi jeunes et diplômés : les marges de progression sont faibles ; des politiques ciblées restent nécessaires pour transformer la reprise en insertion durable.
- Pour les employeurs : l’hypothèse d’une hausse des IDE et de l’investissement signale des débouchés, mais il faudra surveiller la nature des projets et les goulots d’étranglement sectoriels (énergie, phosphate).
Au total, le scénario du gouvernement pour 2027 est celui d’une amélioration modérée : des indicateurs qui évoluent dans le bon sens, mais sans rupture. La traduction concrète de ces prévisions en emplois et en salaires dépendra de facteurs externes et des choix de politiques publiques qui accompagneront l’investissement annoncé.