Une faille firmware vieille de 2021 exploitée pour vider des Coldcard
Une attaque ciblant des portefeuilles matériels Coldcard a conduit au pillage de plusieurs centaines de portefeuilles bitcoin fin juillet. Des chercheurs et des analystes ont retracé l'origine du problème à un bogue dans le microprogramme datant de mars 2021, qui affaiblissait l'aléa utilisé pour générer les phrases de récupération (seed). En reconstruisant hors ligne les clés privées correspondantes, l'assaillant a pu transférer les fonds sans jamais prendre physiquement possession des appareils.
Les estimations initiales faisaient état d'environ 594 BTC drainés — près de 38 millions de dollars à l'époque — depuis environ 500 adresses, lors d'une fenêtre de 25 minutes. Une analyse plus complète publiée ensuite par Galaxy Research a porté le total à 1 082,65 BTC, soit environ 70 millions de dollars, prélevés depuis 1 196 adresses sur une période d'environ 41 minutes.
« Même les portefeuilles matériels peuvent comporter des failles. Même les anciens portefeuilles (avec une longue histoire) peuvent comporter des failles. Comment atténuer ces risques ? Peut-être en répartissant vos fonds sur plusieurs portefeuilles ? Cela implique un ensemble différent de risques. Rien n’est jamais à 100 %. Restez informé. Restez SAFU ! »
Ce message provient de Changpeng Zhao, fondateur de Binance (CZ), qui a invité les détenteurs de crypto-actifs à penser la sécurité au-delà de la simple diversification des tokens — en répartissant leurs avoirs sur plusieurs dispositifs ou méthodes de stockage.
Réactions du fabricant et mesures conseillées
Le fabricant, Coinkite, a reconnu l'existence du bogue, présenté des excuses et publié des mises à jour urgentes du firmware. Son conseil aux utilisateurs concernés est clair : ceux qui ont généré des seeds sur les versions vulnérables doivent créer de nouvelles phrases de récupération sur du matériel corrigé, puis migrer soigneusement leurs fonds.
- Reconnaissance officielle du problème par Coinkite et correctifs publiés.
- Migration recommandée pour les seeds créés sur les firmwares affectés.
- Remise en question du paradigme unique de confiance accordée aux wallets matériels.
Chiffres de l'attaque
| Période de l'analyse | BTC drainés | Valeur approximative | Nombre d'adresses affectées | Fenêtre temporelle |
|---|---|---|---|---|
| Rapport initial | 594 BTC | ~38 M$ | ~500 | 25 minutes |
| Analyse Galaxy Research | 1 082,65 BTC | ~70 M$ | 1 196 | 41 minutes |
Ces données montrent que l'impact réel a été sensiblement plus élevé que les premières estimations. Beaucoup de portefeuilles touchés étaient restés inactifs pendant des années, ce qui interroge sur les pratiques de génération et de conservation des seeds au fil du temps.
Conséquences pour les détenteurs et l'industrie
Sur le plan pratique, cette affaire rappelle que la sécurité matérielle n'est pas synonyme d'infaillibilité. Les utilisateurs doivent désormais envisager des stratégies combinant : multi-signature, répartition des fonds entre plusieurs dispositifs, et audits réguliers des firmwares. Pour les fabricants, la pression s'accentue afin d'améliorer la revue de code et la transparence des mises à jour.
Enfin, la communication de CZ — appelant à la dispersion des avoirs — souligne un paradoxe : en sécurisant massivement des actifs via des solutions tierces, la communauté augmente son exposition au risque systémique si une famille d'appareils présente une faiblesse commune. Ce constat n'est pas une certitude de faillite pour les wallets matériels, mais un signal d'alarme sur la nécessité d'une hygiène cryptographique renforcée.