Fitch maintient le A+ mais durcit le diagnostic sur les finances publiques
L'agence de notation Fitch Ratings a confirmé, vendredi, la note de la dette souveraine de la France à A+ et a assorti cette note d'une perspective stable. Si cette décision évite une nouvelle dégradation immédiate, Fitch a toutefois revu à la hausse ses prévisions de déficit public pour les prochaines années, pointant des risques structurels qui pèsent sur la trajectoire budgétaire.
Des prévisions de déficit relevées
Fitch anticipe désormais un déficit public de 5,2 % du PIB en 2026, contre 4,9 % lors de son estimation de mars, puis 5,5 % en 2027 et 5,2 % en 2028. Ces révisions résultent, selon l'agence, d'une combinaison de facteurs : une croissance attendue plus faible, des dépenses d'intérêts en hausse et des engagements supplémentaires en matière de défense.
| Année | Déficit public (en % du PIB) - Fitch |
|---|---|
| 2026 | 5,2 % |
| 2027 | 5,5 % |
| 2028 | 5,2 % |
Pourquoi la note est-elle maintenue ?
Malgré ces inquiétudes, Fitch met en avant plusieurs forces structurelles de l'économie française : sa taille, le niveau général de prospérité, la solidité du secteur bancaire et une base d'investisseurs diversifiée. Ces éléments expliquent que l'agence n'ait pas abaissé la notation, préférant garder une perspective stable.
Risques identifiés
Fitch signale plusieurs vulnérabilités qui pèsent sur la notation :
- Endettement élevé de la France ;
- Potentiel de croissance faible à moyen terme ;
- Environnement politique et social rendant l'assainissement budgétaire plus difficile.
L'agence insiste particulièrement sur la fragmentation politique au Parlement, qu'elle juge comme une faiblesse majeure réduisant la capacité des autorités à mener un ajustement budgétaire durable et à garantir la prévisibilité des politiques publiques.
« la fragmentation politique persistante représente une faiblesse majeure pour la notation »
Réaction du gouvernement
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a indiqué prendre acte de la décision. Le gouvernement assure rester engagé pour contenir le déficit et la dette « dans un cadre responsable et équilibré », afin de préserver la stabilité financière, la compétitivité et la croissance.
Conséquences et enjeux concrets
Sur le plan pratique, des prévisions de déficit plus élevées signifient plusieurs réalités pour les ménages et les entreprises : une pression potentielle sur les taux d'intérêt souverains si la confiance diminue, des marges de manœuvre budgétaires réduites pour les politiques publiques et une centralité accrue du dossier dette/déficit dans la campagne présidentielle à venir. Fitch note aussi que la croissance à court terme restera modeste, accentuant les contraintes déjà visibles dans les comptes publics.
À quelques semaines de la présentation du dernier budget du gouvernement avant l'élection présidentielle, la décision de Fitch rappelle que les choix macroéconomiques et la stabilité politique seront scrutés par les marchés et les investisseurs. L'agence ne sanctionne pas aujourd'hui la note, mais son rapport met en évidence des défis qui, s'ils persistent, pourraient à terme peser davantage sur la cote de la France.