Des frais qui pèsent davantage sur les petits emprunts
Les frais de constitution des dossiers de crédit à la consommation sont en progression constante dans les banques françaises, selon une enquête récente. Ces frais, facturés pour l'instruction et la mise en place du prêt, pèsent particulièrement sur les faibles montants empruntés où ils représentent une part significative du coût total.
Des pratiques variables et majoritairement proportionnelles
Sur 124 établissements étudiés, 103 appliquent une facturation proportionnelle au montant emprunté, une pratique qui contribue à rendre les petits crédits proportionnellement plus onéreux. En moyenne, les frais de dossier s'établissent aujourd'hui à 73 €, mais l'écart entre banques reste marqué.
- Plancher observé : 20 € (Crédit Agricole Guadeloupe).
- Plafond constaté : 100 € (Banque Palatine, Caisse d'Épargne Île-de-France et certains Caisses d'Épargne ou Crédits Agricoles : Finistère, Morbihan, Toulouse 31).
- Moyenne nationale parmi l'échantillon : 73 €.
Des banques qui font le choix d'offrir ou d'alléger ces frais
Quelques établissements choisissent toutefois de ne pas les facturer systématiquement : 7 banques sur les 124 analysées délivrent les frais de dossier gratuitement, parmi lesquelles BoursoBank, Crédit Agricole Savoie, Hello bank! et Milleis. D'autres appliquent une remise, souvent destinée aux profils jeunes : une réduction de 50% est proposée dans certains cas pour les moins de 28 ans.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Échantillon | 124 banques |
| Banques proportionnelles | 103 |
| Frais moyens | 73 € |
| Minimum observé | 20 € |
| Maximum observé | 100 € |
| Banques sans frais | 7 |
Conséquences pour les emprunteurs et l'encadrement réglementaire
Cette structure tarifaire a un effet régressif : plus le crédit est faible, plus la part des frais est lourde. Pour les consommateurs contractant de petits prêts, l'impact relatif des frais de dossier peut rendre l'opération moins intéressante, voire coûteuse. Le montant fixé par la banque entre également dans le calcul du TAEG, indicateur encadré par la réglementation. Toutefois, les banques jouent sur des montants minimum et maximum, ce qui leur permet d'adapter la facture sans enfreindre les plafonds réglementaires du TAEG.
Ce que doivent surveiller les clients
- Comparer systématiquement le TAEG et pas seulement le taux nominal.
- Vérifier si la banque propose une exonération ou une réduction (jeunes, promotions, offres en ligne).
- Évaluer la pertinence d'un crédit plus petit en tenant compte des frais fixes.
La tendance à la hausse des frais de dossier illustre la nécessité d'une vigilance accrue des emprunteurs et d'une comparaison approfondie entre offres. À défaut d'une harmonisation du marché, les différences de pratiques entre réseaux et établissements continueront d'influencer le coût effectif du crédit à la consommation en France.