Augmenter son salaire en fin de carrière : une stratégie souvent inefficace pour améliorer la pension
Nombre de dirigeants continuent d'accroître leurs rémunérations à l'approche de la sortie du monde du travail dans l'objectif d'accroître leur pension. Or, pour la retraite de base, cette stratégie se heurte à deux règles simples mais déterminantes : le calcul porte sur la moyenne des 25 meilleures années et les salaires pris en compte sont plafonnés au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS).
En 2026, ce plafond s'établit à 48 060 euros. Concrètement, cela signifie qu'une rémunération de 80 000 ou 100 000 euros ne fait pas davantage augmenter la pension de base qu'un salaire déjà égal au PASS pour l'année concernée.
Comment fonctionnent les règles et leurs effets pratiques
Le mécanisme est le suivant : la pension de base est calculée à partir de la moyenne des 25 années les mieux rémunérées, mais pour chaque année, l'assiette ne peut excéder le PASS. Deux conséquences majeures se dégagent :
- Au-delà du plafond, toute hausse de salaire n'accroît pas la base de calcul de la pension de base.
- Les « 25 meilleures années » ne sont pas figées : elles peuvent être remplacées par des années plus récentes si celles-ci présentent des salaires plus élevés — notamment parce que le PASS est revalorisé presque chaque année.
Cette dernière observation est importante : anticiper une baisse significative de rémunération peut, au contraire, réduire la moyenne retenue et donc la pension future.
« Il faut faire les calculs avant de modifier sa rémunération »
La mise en garde prononcée par Nicolas Strady souligne la nécessité d'une simulation précise avant toute modification de la politique salariale en fin de carrière.
La retraite complémentaire modifie l'équation
La situation ne se limite pas à la retraite de base. Pour les cadres et dirigeants qui cotisent aux régimes complémentaires, les règles de ces régimes (plafonds, tranches, coefficients de conversion) peuvent rendre la contribution salariale plus — ou moins — efficace selon les niveaux et formes de rémunération (salaire vs dividendes, par exemple). L'analyse globale doit donc intégrer :
- le plafond de la Sécurité sociale (PASS) et son évolution ;
- la place de vos 25 meilleures années dans le calcul ;
- les effets sur les droits complémentaires (points ou cotisations selon le régime).
Que faire concrètement ?
Avant toute décision de revalorisation salariale ou d'orientation vers des revenus non soumis aux mêmes cotisations (dividendes, par exemple), il est recommandé de réaliser des simulations personnalisées. Elles doivent combiner la projection des salaires, l'évolution anticipée du PASS et le calcul des droits complémentaires. Seules ces simulations permettront de vérifier si une augmentation de salaire en fin de carrière est réellement rentable en termes de pension, ou s'il conviendrait de repenser la structure de la rémunération quelques années en amont.
| Élément | Impact sur la pension |
|---|---|
| PASS 2026 = 48 060 € | Limite la prise en compte des salaires pour la retraite de base |
| 25 meilleures années | Moyenne utilisée pour calculer la pension de base ; peut évoluer avec des années récentes |
En somme, pour les dirigeants et hauts revenus, la règle d'or est la prévision chiffrée : ne pas se fier à l'intuition selon laquelle un salaire plus élevé en fin de carrière sera automatiquement traduit en pension significativement plus élevée.