Un contexte de taux durablement plus élevé
Depuis avril 2025, la Banque centrale européenne a engagé une trajectoire de taux à la hausse. Ce resserrement monétaire se transmet progressivement au marché monétaire, et donc aux rémunérations offertes aux épargnants. Les produits les plus visibles ont déjà commencé à réagir : livrets réglementés, contrats d'assurance‑vie en euros et offres commerciales des banques.
Le Livret A et le LDDS remontent, sans fiscalité
Par une formule de calcul pilotée par la Banque de France, qui prend en compte notamment le coût auquel les banques se prêtent entre elles, le taux du Livret A et du LDDS a été relevé de 1,50 % à 1,70 % au 1er août 2026. Ces deux produits conservent leur avantage majeur : exonération fiscale totale (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux).
« Ils ont donc une incidence indirecte sur la rémunération de l’épargne réglementée », explique Philippe Crevel, directeur général du groupe de réflexion Le Cercle de l’épargne.
Que proposent les banques commerciales ?
En parallèle, de nombreux établissements mettent en avant des super livrets à taux promotionnels souvent attractifs mais limités dans le temps : ces taux bonifiés sont généralement proposés pendant trois à quatre mois. Sur la durée, le rendement effectif dépendra donc du taux promotionnel puis du taux normal appliqué après la période initiale.
- Livret A / LDDS : sécurité, liquidité immédiate, fiscalité nulle, taux fixé par l'État (1,70 % au 01/08/2026).
- Super livrets : taux promotionnel élevé sur courte durée (souvent 3–4 mois), attention au retour au taux classique ensuite.
- Comptes à terme : rendement lié à la durée d’immobilisation, utile si l’épargnant peut renoncer à la liquidité immédiate.
Arbitrages à considérer
Pour choisir entre ces options, il convient de confronter plusieurs paramètres : horizon de placement (besoin de liquidité vs possibilité d’immobiliser des fonds), appétence pour le risque (sécurité des livrets réglementés vs éventuelle meilleure rémunération d’autres enveloppes) et conséquences fiscales. Le Livret A et le LDDS restent des références pour des fonds disponibles sans fiscalité ; les super livrets et comptes à terme peuvent améliorer le rendement à court et moyen terme mais avec des conditions à décrypter (durée, plafond, fiscalité sur les intérêts hors épargne réglementée).
Ce que cela signifie pour l'épargnant
La hausse des taux offre une opportunité d'améliorer la rémunération des liquidités. Il est toutefois nécessaire de comparer les gains annoncés à court terme et la rémunération stable d'un livret réglementé exonéré. Selon la situation patrimoniale et les projets, une combinaison de produits (une partie placée sur Livret A/LDDS pour la sécurité et une partie sur comptes à terme ou super livrets pour capter des périodes promotionnelles) peut être pertinente. L'analyse doit rester individuelle et prendre en compte la durée d'immobilisation et la fiscalité applicable aux produits choisis.
| Produit | Taux connu | Fiscalité | Liquidité |
|---|---|---|---|
| Livret A / LDDS | 1,70 % (01/08/2026) | Exonération | Immédiate |
| Super livrets | Taux promotionnel (souvent élevé) pendant 3–4 mois | Imposition classique sur intérêts hors exonération | Généralement immédiate |
| Compte à terme | Varie selon durée | Imposition classique | Bloqué selon contrat |
En résumé, la remontée des taux constitue une bonne nouvelle pour les détenteurs d'épargne liquide. Le choix entre sécurité, disponibilité et rendement implique de vérifier les conditions exactes de chaque offre et de mesurer l'impact fiscal hors des produits réglementés.