Une détérioration marquée sur le marché du travail départemental
Au deuxième trimestre 2026, 36 920 personnes sont inscrites à France Travail en Eure‑et‑Loir (toutes catégories hors accompagnement spécifique). Le département enregistre une hausse de +2,6 % sur le trimestre et de +3,4 % sur un an, une progression plus rapide que la moyenne régionale du Centre‑Val de Loire.
Les chiffres clés et ce que cela change
La dégradation touche avant tout les personnes totalement privées d'emploi : les demandeurs en catégorie A augmentent de 4,3 % sur le trimestre pour atteindre 18 560 personnes, soit une hausse annuelle de 6,4 %. D'autres situations administratives témoignent de fragilités persistantes :
- 14 730 personnes en activité réduite ;
- plus de 2 600 personnes en parcours social ;
- 2 200 personnes en attente d'orientation.
Concrètement, ces dynamiques signifient une pression accrue sur les dispositifs d'accompagnement (formation, insertion, aides à l'emploi) et un besoin renforcé de mobilisation des employeurs locaux pour proposer des offres adaptées — notamment des emplois à temps partiel ou des parcours professionnalisants permettant de remettre des actifs en situation d'emploi durable.
Des territoires plus exposés que d'autres
La hausse n'est pas homogène sur l'ensemble du département. Le secteur de Chartres enregistre une aggravation marquée : la catégorie A bondit de 5,7 % sur le trimestre et de plus de 8 % en un an, dépassant désormais les 8 300 inscrits. À Châteaudun, la catégorie A progresse de 4 % ce trimestre et de 10,5 % sur un an. Dreux compte près de 7 000 personnes sans aucun emploi, en hausse de 3,4 % sur trois mois.
Une exception notable : la zone de Nogent‑le‑Rotrou, qui voit une baisse de 2,6 % sur le trimestre et de près de 5 % sur un an pour la catégorie A. Cette singularité montre que des trajectoires différentes coexistent au sein d'un même département et que les politiques locales peuvent peser.
Impacts pour les demandeurs d'emploi et les employeurs
Pour les demandeurs, la montée de la catégorie A réduit l'espace de négociation : moins d'offres visibles, files d'attente plus longues pour l'accompagnement, et un risque accru d'enfermement au chômage sans actions ciblées. Pour les employeurs, la hausse des personnes en activité réduite et des publics en parcours social souligne la nécessité d'adapter les modalités de recrutement (temps partiel, formation en alternance, dispositifs d'insertion) afin d'absorber une main‑d'œuvre potentielle mais fragilisée.
Tableau synthétique des principaux indicateurs (T2 2026)
| Indicateur | Valeur | Évolution (3 mois) | Évolution (1 an) |
|---|---|---|---|
| Total inscrits (France Travail) | 36 920 | +2,6 % | +3,4 % |
| Demandeurs catégorie A | 18 560 | +4,3 % | +6,4 % |
| Activité réduite | 14 730 | — | |
| Parcours social | >2 600 | — | |
| En attente d'orientation | 2 200 | — | |
Quelle réponse attendre ?
Ces chiffres plaident pour un renfort rapide des moyens d'intervention : augmentation de l'offre de formations qualifiantes locales, intensification des partenariats entre services publics et acteurs privés pour l'emploi, et ciblage des aides aux secteurs capables d'absorber des recrutements. À court terme, la priorité est d'éviter que la hausse du nombre de chômeurs « classiques » ne se transforme en décrochage durable, avec ses coûts sociaux et économiques.
Pour les décideurs départementaux et régionaux, la question est désormais de transformer l'analyse en plan d'actions opérationnelles, en tenant compte des disparités locales que la statistique masque partiellement.