Une hausse marquée de l'endettement des ménages
Le dernier rapport publié conjointement par Bank Al-Maghrib (BAM), l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l'Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) dresse un bilan net : en 2024, l'endettement des ménages marocains a augmenté fortement, pour s'établir à 456 milliards de dirhams, soit 27% du PIB.
Crédit immobilier et consommation en tête
Les auteurs identifient deux moteurs principaux à cette évolution : une accélération des crédits immobiliers et des prêts à la consommation. Dans ce contexte, le rapport note une légère hausse du taux d'endettement moyen des nouveaux emprunteurs et une augmentation de la part des ménages dont l'endettement dépasse 40% de leurs revenus — un seuil classiquement associé à une forte tension financière.
- Encours total des crédits ménages : 456 milliards de dirhams (27% du PIB).
- Taux de défaut des ménages : 10,3%.
- Crédits aux entreprises non financières : 657 milliards de dirhams (39% du PIB).
Risques et qualité des crédits
Le rapport signale un niveau de défaut de paiement des ménages à 10,3%, indiquant la fragilité d'une partie des emprunteurs malgré des signes de reprise économico-sectorielle. Pour le secteur des entreprises, la qualité du portefeuille apparaît globalement stable : le taux de créances en souffrance est maintenu à 11,2%.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Endettement des ménages (2024) | 456 Mds MAD (27% du PIB) |
| Taux de défaut des ménages | 10,3% |
| Crédits aux entreprises non financières | 657 Mds MAD (39% du PIB) |
| Émissions obligataires | 124 Mds MAD |
| Créances en souffrance | 11,2% |
Conséquences pour le pouvoir d'achat et la stabilité
Pour les ménages, l'augmentation de l'endettement, combinée à un taux de défaut supérieur à 10%, se traduit concrètement par des tensions budgétaires : un accroissement des mensualités à rembourser face à des revenus qui ne suivent pas nécessairement. Le rapport souligne que le recours plus fréquent au crédit reflète des besoins de financement persistants chez les foyers. Cela peut limiter la capacité des ménages à consommer durablement et rendre plus sensibles leurs budgets aux variations de taux d'intérêt ou au chômage.
Points de vigilance pour les autorités
Les chiffres appellent à la prudence des superviseurs bancaires et des pouvoirs publics : maintenir la qualité du crédit, surveiller l'accès au financement à risque et protéger les ménages vulnérables sont des enjeux prioritaires pour éviter une amplification des défauts qui pèserait sur le système financier et sur le pouvoir d'achat des ménages.
Ce diagnostic, issu des statistiques officielles publiées par les trois autorités, pose donc la question des mesures éventuelles — réglementaires ou sociales — qui pourront être mises en place pour contenir la progression des risques sans freiner l'accès au crédit indispensable pour le logement et la consommation.