Une nouvelle vague de hausses avant l'hiver
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé le 10 septembre une augmentation du prix repère de vente du gaz (PRVG) qui prendra effet le 1er octobre 2026 : en moyenne +6,3% (+6,4% sur le kWh utilisé pour la cuisson et l'eau chaude sanitaire, +8% sur le kWh dédié au chauffage). Cette mesure s'ajoute à une série de revalorisations depuis le début de l'année, qui font désormais grimper les tarifs à des niveaux supérieurs à ceux observés lors de la crise énergétique de 2021.
Selon une analyse du comparateur et installateur Hello Watt publiée fin septembre, la progression cumulée entre janvier et octobre 2026 atteint +34,6% pour la cuisson et l'eau chaude et +42,9% pour le chauffage. Ces pourcentages se traduisent déjà par des montants concrets sur la facture des ménages.
Quel impact sur la facture des Français ?
Sur les 10,3 millions de foyers titulaires d'un contrat de gaz en France, environ 6 millions ont une offre indexée sur le PRVG : ils subiront donc intégralement la hausse d'octobre. Hello Watt illustre l'impact pour deux profils de consommation :
- Un foyer chauffé au gaz consommant 13 000 kWh/an : facture estimée en janvier 2026 à 1 669 €, qui passerait à 2 254 € au tarif d'octobre — soit un surcoût annuel de 585 €.
- Un foyer utilisant le gaz uniquement pour la cuisson et l'eau chaude (3 000 kWh/an) : surcoût estimé à 142 € par an.
| Profil | Consommation (kWh/an) | Facture Janv. 2026 (€) | Facture Oct. 2026 (€) | Surcoût (€) |
|---|---|---|---|---|
| Foyer chauffé au gaz | 13 000 | 1 669 | 2 254 | 585 |
| Cuisson & eau chaude | 3 000 | — | — | 142 |
Les causes : géopolitique et stocks tendus
La flambée s'explique principalement par des tensions géopolitiques dans le Golfe et le long des routes d'exportation du gaz naturel liquéfié (GNL). Hello Watt pointe notamment le conflit opposant les États-Unis et l'Iran, qui perturbe le transit par le détroit d'Ormuz, et des niveaux de stocks européens fragilisés. Ces facteurs ont alimenté la hausse des cours mondiaux, dont le calcul du PRVG se nourrit via la moyenne des prix sur les marchés.
Un automne potentiellement encore plus cher
Le comparateur anticipe une nouvelle hausse : le PRVG pourrait encore augmenter de plus de 7% TTC en novembre, le tarif étant indexé sur la moyenne des cours de septembre, déjà fortement affectés par les tensions. Conjuguées au fait que la majeure partie de la consommation domestique liée au chauffage se concentre en hiver (le chauffage représente en moyenne 66% de la consommation énergétique annuelle des ménages), ces hausses vont devenir visibles sur les factures dès l'arrivée des froids.
Conséquences et marges de manœuvre pour les ménages
Pour les foyers, l'impact se mesure en centaines d'euros pour un hiver, ce qui pèse non seulement sur le budget des ménages mais aussi sur les dynamiques sociales et politiques à l'approche de la saison froide. Les ménages indexés sur le PRVG n'ont guère de protection contre ces variations ; seuls les abonnés à des offres à prix fixes ou bénéficiant de dispositifs d'aide publique verront une atténuation du choc.
À court terme, la situation dépendra de l'évolution des tensions géopolitiques et du niveau des approvisionnements en GNL. À moyen terme, elle pose la question de l'accélération des travaux d'isolation et de la diversification des modes de chauffage pour réduire l'exposition aux fluctuations des marchés internationaux.