Un rebond attendu mais modeste de l'inflation en juillet
Les données à paraître sur l'indice des prix à la consommation (IPC) aux États-Unis pour le mois de juillet devraient montrer une hausse mensuelle de 0,1 % et une progression sur 12 mois de 3,4 %, selon l'enquête menée par Reuters auprès d'économistes. Ces prévisions interviennent après une baisse inhabituelle de 0,4 % en juin, premier repli en six ans, et suite à des chiffres récents montrant des pertes d'emplois surprenantes le mois précédent.
Ce léger rebond s'explique en grande partie par l'évolution des prix de l'essence, qui ont diminué en moyenne à 4,064 dollars le gallon en juillet contre 4,184 dollars en juin, selon l'Agence d'information sur l'énergie (EIA). Les prix de l'essence restent ainsi bien loin du pic moyen observé en mai à 4,609 dollars le gallon, et contribuent à contenir l'effet inflationniste du récent choc pétrolier lié aux tensions au Moyen-Orient.
Pourquoi ces chiffres importent pour la politique monétaire
Les marchés scrutent ces chiffres pour ajuster leurs anticipations sur une possible modification du taux directeur par la Réserve fédérale (Fed). Une inflation modérée ou en baisse allégerait la pression sur la Fed pour relever ses taux, tandis qu'une surprise haussière raviverait les craintes d'un resserrement monétaire. Toutefois, plusieurs économistes précisent qu'ils ne s'attendent pas à un mouvement de la Fed sans détérioration significative du marché du travail ou de l'IPC.
« Je ne m'attends pas à des étincelles lors de la publication des chiffres », a déclaré Sung Won Sohn, professeur de finance et d'économie à l'université Loyola Marymount.
La conjonction de la faiblesse récente des prix de l'essence et d'un marché du travail qui montre des signes de fragilité crée un dilemme pour les décideurs : agir trop tôt pourrait freiner une reprise fragile, ne rien faire pourrait laisser l'inflation repartir si le conflit au Moyen-Orient s'intensifie.
Le rôle de la production pétrolière américaine
Les économistes notent que le statut des États-Unis en tant que exportateur net de pétrole et le recours aux stocks pétroliers ont permis d'amortir, pour l'instant, l'impact du choc pétrolier provoqué par le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran. Néanmoins, l'absence d'une résolution du conflit laisse un risque d'inflation à la hausse en cas d'escalade, en particulier si les livraisons d'énergie sont perturbées.
La rhétorique politique alimente ces incertitudes. Dans un entretien récent, le président Donald Trump a qualifié l'Iran de « négociateurs sournois » et a présenté ses options entre « laisser faire » et frapper « très, très fort », des propos qui témoignent de l'instabilité géopolitique susceptible d'affecter les marchés de l'énergie.
« ...entre soit à ‘laisser faire’ en attendant l'effondrement économique de Téhéran, soit à frapper ‘très, très fort’. »
Ce que cela signifie pour l'économie réelle
Même si une hausse mensuelle de 0,1 % semble anecdotique, elle a des implications concrètes pour les ménages et les entreprises. Une inflation sous contrôle limite l'érosion du pouvoir d'achat et réduit la probabilité d'un resserrement monétaire qui renchérirait le coût du crédit. À l'inverse, une remontée durable des prix de l'énergie pèserait sur le budget des ménages et sur les marges des entreprises, et pourrait se traduire par des coûts de financement plus élevés.
- IPC attendu (mensuel) : +0,1 % en juillet
- Inflation annuelle : +3,4 % sur 12 mois
- Prix moyens de l'essence : 4,064 $/gallon en juillet vs 4,184 $ en juin
| Indicateur | Juin | Juillet (prévu) |
|---|---|---|
| Variation mensuelle IPC | -0,4 % | +0,1 % |
| Variation annuelle IPC | +3,5 % | +3,4 % |
| Prix moyen essence ($/gallon) | 4,184 | 4,064 |
Conclusion — une lecture prudente des chiffres
Les chiffres d'inflation de juillet devraient offrir un répit relatif aux marchés grâce à la baisse des prix de l'essence, mais ils ne signifient pas la fin des risques. La trajectoire future dépendra autant de la dynamique du marché du travail que de l'évolution géopolitique au Moyen-Orient. Pour les agents économiques français et européens, une Fed moins pressée de relever ses taux limiterait un renchérissement du dollar et atténuerait la pression sur les coûts d'emprunt internationaux, mais toute détérioration du conflit énergétique pourrait inverser rapidement la donne.