Un message clair aux responsables publics
Dans un contexte où la préoccupation pour la retraite alimente l'effort d'épargne des Français, Gérard Bekerman, président de l'AFER, demande aux décideurs «de se calmer» et d'arrêter les changements fréquents des règles fiscales qui entourent les produits d'épargne. Selon lui, cette «bougeotte fiscale» nuit à la confiance des ménages et complique les arbitrages entre placements.
"Il faut en finir avec la bougeotte fiscale qui consiste à remettre en cause, d’une année sur l’autre, les règles qui régissent les produits d’épargne."
Pourquoi l'assurance‑vie reste centrale
Pour l'AFER, l'assurance‑vie conserve des atouts qui expliquent son poids : simplicité apparente, visibilité du rendement et une fiscalité jugée attractive. Bekerman rappelle que l'assurance‑vie capte une part importante de l'épargne nationale : elle concentre aujourd'hui 38 % de l'ensemble des placements des Français, un indicateur de son rôle prépondérant dans la capitalisation privée.
- Stabilité des règles : condition nécessaire à la confiance des épargnants.
- Simplicité et lisibilité : atouts comparatifs face à des produits plus récents et moins compréhensibles (PER, Perco).
- Dimension sociale : l'épargne sert aussi d'outil pour préparer les aléas de santé et la dépendance.
Chiffres clés et enjeux démographiques
L'AFER rappelle que 34 millions de Français utilisent des produits d'épargne, ce qui rend d'autant plus sensible toute modification réglementaire. Par ailleurs, Bekerman souligne le rôle de l'épargne dans la préparation des risques liés à l'âge : plus de 2 millions de seniors sont aujourd'hui en perte d'autonomie, un facteur qui pèse sur les arbitrages de long terme.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Nombre d'épargnants concernés | 34 millions |
| Part de l'assurance‑vie dans l'épargne | 38 % |
| Seniors en perte d'autonomie | +2 millions |
Assurance‑vie vs nouveaux produits d'épargne
Le président de l'AFER critique la multiplication des dispositifs destinés à favoriser l'épargne retraite (PER, Perco, etc.), qu'il juge souvent complexes et peu lisibles pour le grand public. À ses yeux, l'assurance‑vie conserve un avantage important : une compréhension directe des modalités et des rendements, ainsi qu'une fiscalité maîtrisée qui facilite la prise de décision pour les ménages.
Sur le plan politique, la demande est double : d'une part, assurer la pérennité d'un cadre fiscal prévisible ; d'autre part, reconnaître le rôle de la capitalisation comme complément au système par répartition. Bekerman insiste que le régime par répartition «est sauvable», mais que la capitalisation, si elle est encadrée, constitue un appui utile pour préparer la retraite et faire face aux aléas de santé et de transmission.
Conséquences pratiques pour les épargnants et les pouvoirs publics
Si la demande de l'AFER était entendue, plusieurs effets pourraient se matérialiser : moins d'incertitude sur le choix des produits d'épargne, une possible consolidation de l'assurance‑vie comme placement privilégié, et une moindre propension à modifier la fiscalité à court terme. En sens inverse, une persistance des changements réglementaires pourrait pousser une partie des ménages à privilégier la liquidité ou des solutions perçues comme plus flexibles, au détriment d'une stratégie d'épargne de long terme.
Pour les pouvoirs publics, l'enjeu est délicat : concilier la nécessité de veiller aux finances publiques avec la stabilité du cadre fiscal afin de ne pas décourager l'effort d'épargne d'une large part de la population.