Un projet local qui éclaire des enjeux nationaux
Le Parc naturel régional Normandie-Maine a choisi de mettre en valeur l’écoconstruction sur son territoire, en accompagnant des projets concrets et des artisans locaux. À Carrouges (Orne), un chantier mené par le maçon et tailleur de pierres Thibault Manson illustre cette démarche : construction à partir de matériaux sains et recours au réemploi de matériaux existants plutôt qu’à des importations lointaines.
« C’est tout sauf une pratique archaïque ! »
Cette phrase, prononcée par Laura Déjeans, chargée de mission Transition énergétique au Parc, résume la volonté du PNM : inscrire l’écoconstruction dans une logique moderne, techniquement exigeante et économiquement vertueuse.
Trois objectifs concrets
- Réduire l’empreinte carbone des chantiers, depuis la conception jusqu’à la démolition, en limitant les transports et en privilégiant les filières locales.
- Améliorer le confort et la santé des habitants via des approches bioclimatiques et des matériaux non nocifs (paille, chanvre, bois, terre, pierre).
- Soutenir l’économie locale en mobilisant des artisans et des ressources de proximité, et en valorisant le réemploi des matériaux existants.
Des matériaux aux chaînes d’approvisionnement
L’écoconstruction distingue deux grandes familles de matériaux mentionnées par le Parc : les biosourcés (issus du vivant, comme la paille, le chanvre ou le bois) et les géosourcés (issus du minéral, comme la terre ou la pierre). Mais la nature du matériau ne suffit pas : son origine et sa gestion comptent. Laura Déjeans insiste sur le fait que faire venir du bois de l’autre bout du monde annule le bénéfice écologique attendu.
| Famille | Exemples | Atout |
|---|---|---|
| Biosourcé | paille, chanvre, bois | stockage carbone, isolation |
| Géosourcé | terre, pierre | durabilité, inertie thermique |
Conséquences pour les collectivités et le marché du bâtiment
Pour les communes et communautés de communes, promouvoir l’écoconstruction peut être l’occasion de réduire les coûts énergétiques sur le long terme des bâtiments publics et d’encourager des filières d’emploi local. Le recours au réemploi limite aussi la quantité de déchets de chantier et décale des dépenses liées à l’achat de matériaux neufs.
Limites et conditions de succès
La réussite de ces politiques dépend de plusieurs prérequis : disponibilité de matériaux locaux, savoir-faire d’artisans formés aux techniques spécifiques, et appuis financiers ou règlementaires pour encourager la rénovation et la construction selon ces standards. Le Parc propose un travail d’exemplarité et de pédagogie pour lever ces freins.
En situant l’écoconstruction au croisement du patrimoine, de l’écologie et de l’économie locale, le Parc Normandie-Maine traduit une approche pragmatique : au-delà de l’affichage vert, il s’agit de penser des bâtiments plus sobres, plus sains et générateurs d’activités près des lieux d’habitation.