Un soutien financier majeur pour l’État tunisien
Les transferts des Tunisiens résidant à l'étranger constituent aujourd'hui une source de revenus centrale pour la Tunisie. Après 8,8 milliards de dinars reçus en 2025, ces flux devraient dépasser la barre des 9 milliards de dinars en 2026, a indiqué le président de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA), Samir Majoul, lors d'une conférence consacrée à la diaspora.
Pour mettre ce chiffre en perspective, le budget de l’État prévu pour 2026 est estimé à environ 62 milliards de dinars. Les transferts des Tunisiens de l'étranger représentent ainsi près de 14,5 % de ce budget — soit, en termes simples, presque un dinar sur sept des dépenses publiques annuelles. Cette contribution place la diaspora parmi les principaux piliers de la balance des paiements et du financement domestique.
Une ressource financière... et humaine
Au-delà de l'importance purement comptable, la communauté tunisienne à l’étranger, estimée à près de 2 millions de personnes, est présentée comme un réservoir de compétences, de réseaux et d'investisseurs potentiels. Les intervenants à la conférence ont insisté sur la double nature de cet apport : revenus de consommation mais aussi possibilités d'investissements productifs si les conditions sont réunies.
"Nos compétences à l'étranger, une force motrice pour le développement national"
Ce thème, choisi pour la manifestation, illustre la volonté affichée de transformer les transferts en leviers de croissance : l'idée est que les envois ne se limitent pas à soutenir la consommation des ménages, mais qu'une part plus importante soit canalisée vers la création d'entreprises, les projets à forte valeur ajoutée et le financement de l'économie réelle.
Quelles conditions pour transformer les flux en investissements ?
Samir Majoul a plaidé pour des réformes ciblées visant à rendre l'environnement des affaires plus attractif : simplification administrative, mécanismes d'accompagnement renforcés pour les porteurs de projets et facilitation des liens entre entrepreneurs de la diaspora et acteurs locaux. Sans ces améliorations, beaucoup de transferts risquent de rester affectés à la consommation courante, avec un effet limité sur la croissance structurelle.
- Montant attendu en 2026 : plus de 9 milliards de dinars
- Part du budget 2026 : ~14,5 % (sur un budget d'environ 62 milliards)
- Taille de la diaspora : près de 2 millions de Tunisiens à l'étranger
Impacts et enjeux
Sur le court terme, ces transferts soutiennent la demande intérieure et contribuent à la stabilité des comptes extérieurs. Sur le moyen terme, leur conversion en investissements productifs pourrait aider à diversifier l'économie, créer des emplois et renforcer la résilience fiscale. Mais cela suppose des politiques publiques cohérentes pour transformer des revenus privés en capitaux productifs : incitations, sécurité juridique, accompagnement financier et mise en réseau des compétences.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Transferts 2025 | 8,8 milliards de dinars |
| Prévision 2026 | > 9 milliards de dinars |
| Budget 2026 (prévision) | ~62 milliards de dinars |
| Part des transferts dans le budget | ~14,5 % |
En conclusion, la solidarité financière de la diaspora est un atout indéniable pour la Tunisie. La question centrale pour les autorités et le secteur privé est désormais de savoir comment canaliser une part significative de ces flux vers des projets durables qui soutiendront la croissance et réduire la dépendance aux transferts comme unique soupape de soutien macroéconomique.