Un mois de répétitions pour retrouver de la confiance
Dans un théâtre de l’établissement public de santé mentale (EPSM) de Caen, une représentation singulière a eu lieu vendredi 31 juillet : une pièce montée par des adolescents du foyer Préambule. Le projet, lancé par le Dispositif d’accueil familial et d’hébergement éducatif (DAFHE) de l’Acséa, a mobilisé pendant un mois l’auteur et metteur en scène Igor Futterer pour accompagner ces jeunes vers la scène.
Des objectifs ciblés : culture, accompagnement, ouverture
Au départ, cinq jeunes ont été impliqués ; au moment de la représentation, deux d’entre eux — Gabin et Maxime — sont montés sur les planches devant plus d’une vingtaine de spectateurs. Pour des adolescents dont le quotidien est parfois rythmé par des rendez-vous judiciaires ou psychologiques, cet exercice a constitué « un espace de liberté » et une expérience de responsabilisation.
« J’ai été ému du travail accompli. »
Cette phrase du responsable de service, Jean-Jacques Diallo, résume la tonalité du projet : scepticisme initial transformé en satisfaction devant les progrès observés. Le succès dépasse la simple représentation : il s’agit d’un dispositif qui combine accompagnement éducatif, offre culturelle et perspectives d’émancipation.
Ce que cela change pour les jeunes et les professionnels
Concrètement, la dramaturgie et la répétition offrent plusieurs bénéfices identifiables pour l’insertion et l’employabilité des jeunes :
- Renforcement de la confiance : tenir un rôle et être évalué positivement par un public améliore l’estime de soi.
- Compétences transférables : assiduité, travail collectif, gestion du stress et prise de parole sont valorisables dans un parcours professionnel.
- Ouverture sociale : la représentation publique crée des rencontres et diversifie les référents hors du milieu institutionnel.
Un format reproductible mais exigeant
Le dispositif montre qu’une action de courte durée (ici, un mois) peut produire des résultats tangibles, mais il nécessite des éléments clés : encadrement professionnel (auteur/metteur en scène), soutien institutionnel (DAFHE, EPSM) et ressources logistiques. Jean-Jacques Diallo reconnaît lui-même des réserves initiales quant à la faisabilité, mais souligne le bilan positif.
| Élément | Chiffres fournis |
|---|---|
| Durée du projet | 1 mois |
| Participants initialement | 5 |
| Participants sur scène | 2 |
| Public présent | Plus d’un vingtaine |
Perspectives pour les politiques et les acteurs de l’insertion
Pour les décideurs et les structures d’insertion, ce type d’initiative illustre l’intérêt d’intégrer la culture dans les parcours éducatifs et d’accompagnement : à coût modéré et sur des périodes brèves, elle peut produire des ruptures positives dans des trajectoires parfois verrouillées. Les acteurs de terrain peuvent s’appuyer sur ce retour d’expérience pour défendre des financements ou développer des partenariats avec des intervenants artistiques.
Enfin, la réaction d’un des adolescents — annonçant vouloir « s’inscrire à des cours de théâtre » l’année suivante — traduit l’effet le plus concret et durable : la naissance d’un projet volontaire, indicateur précieux pour tout accompagnement vers l’emploi ou la formation.