Une ambition d'export qui pèse sur la stratégie industrielle
Les Tricots Saint‑James, maison historique du tricot marin implantée dans le sud de la Manche, affiche une volonté claire : augmenter la part de son activité réalisée à l'international de 40% à 50% du chiffre d'affaires. La visite, le 30 juillet, de Louis Margueritte, directeur général de Business France, souligne l'accompagnement institutionnel dont bénéficie l'entreprise pour accélérer ses débouchés à l'étranger.
Des contraintes de production et de calendrier
L'entreprise rappelle la complexité de son modèle industriel : conception, fabrication et commercialisation s'étalent sur des cycles longs. Le président des Tricots Saint‑James insiste sur la nécessité d'une visibilité réglementaire et tarifaire pour mener à bien cette montée en exportation. À propos des conditions d'approvisionnement et des droits de douane, il détaille que des mesures pérennes sont indispensables pour planifier des collections produites et livrées avec des mois d'avance.
"Ce dont on a besoin, c'est de stabilité",
Cette exigence reflète une réalité commune aux industriels exportateurs : l'incertitude sur les coûts d'entrée sur les marchés étrangers complique la construction de marges et la programmation des flux logistiques.
Capacités et diversification produit
Techniquement, Saint‑James produit en interne et en quantité : 1,5 million de pièces sorties chaque année de l'usine. L'entreprise travaille sur plusieurs gammes — laine, coton et un développement en lin — et conserve une centaine de métiers à tricoter. Ces moyens industriels constituent un socle permettant d'envisager une montée en charge des ventes internationales.
- Production annuelle : 1,5 million de pièces
- Part actuelle de l'export : 40% du chiffre d'affaires
- Objectif : 50% du chiffre d'affaires à l'export
- Soutien : Business France accompagne le développement international
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part à l'export aujourd'hui | 40% |
| Objectif export | 50% |
| Production annuelle | 1,5 million de pièces |
Opportunités et limites sur les marchés étrangers
Saint‑James évoque des opportunités de conquête, citant notamment une arrivée prochaine sur le marché mexicain. Mais l'entreprise rappelle aussi des difficultés récentes, notamment au premier semestre 2025 avec les États‑Unis. Les évolutions des droits de douane et des politiques commerciales dans les pays cibles peuvent faciliter ou freiner cette expansion.
Concrètement, réussir à porter à 50% la part de l'export suppose plusieurs conditions : maintien de la qualité et de la traçabilité industrielles, adaptation logistique pour des livraisons à l'étranger, et surtout prévisibilité des coûts d'entrée (taxes, droits, règles techniques). L'accompagnement de Business France — qui a déjà aidé près de 1 000 entreprises normandes à l'export — apporte un accompagnement commercial et administratif mais ne remplace pas la nécessité d'un cadre international stable.
Pour les salariés, une montée de l'export pourrait sécuriser l'emploi industriel local en valorisant la production française sur des segments à plus forte valeur ajoutée. Pour la filière textile française, le plan de Saint‑James illustre une stratégie classique : capitaliser sur une marque patrimoniale, industrialiser la production et rechercher des relais de croissance hors de France lorsque les conditions commerciales le permettent.