L'ancien responsable de la Banque du Liban (BdL), Riad Salamé, a été placé en détention après avoir été hospitalisé suite à un malaise, a indiqué une source judiciaire. Gouverneur de l'institution monétaire de 1993 jusqu'à juillet 2023, M. Salamé, âgé de 76 ans, est visé par plusieurs procédures au Liban et à l'étranger, qu'il a toujours démenties.
Ordonnance judiciaire et état de santé sous surveillance
La décision de le placer « parmi les détenus » est intervenue à la suite d'une ordonnance rendue par un juge, a précisé le même interlocuteur. Les autorités ont annoncé que son état de santé resterait sous étroite surveillance et que, si nécessaire, des mesures seraient prises pour lui prodiguer des soins ou organiser un transfert hospitalier.
« Il a été admis et placé parmi les détenus », a précisé le responsable.
Des accusations lourdes et une audience reportée
Riad Salamé devait comparaître dans le cadre d'une plainte qui l'accuse de détournement de fonds, d'enrichissement illicite et de blanchiment d'argent. L'audience prévue a toutefois été reportée sine die en raison du malaise qui a conduit à son hospitalisation.
- Arrestation : septembre 2024.
- Montant évoqué dans une inculpation : 44 millions de dollars.
- Caution versée pour une précédente remise en liberté : plus de 14 millions de dollars.
Conséquences financières et symboliques
Étroitement lié à la classe politique libanaise, M. Salamé est présenté par ses opposants comme l'un des acteurs principaux de la crise financière qui a frappé le pays. Son inculpation pour la somme mentionnée et la médiatisation de l'affaire alimentent les interrogations sur la gouvernance de la BdL, le rôle des dirigeants de banques centrales dans la gestion des réserves et la protection des déposants dans un contexte d'effondrement économique.
Rappel des épisodes judiciaires récents
Arrêté en septembre 2024, il avait été inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars. Un an plus tard, il avait obtenu une remise en liberté conditionnelle après avoir versé une caution record supérieure à 14 millions de dollars, assortie d'une interdiction de voyager.
Le placement en détention ordonné récemment relance l'attention sur une affaire qui croise droit pénal, finance publique et responsabilité des autorités monétaires. Les développements à venir — dates de comparution, expertise médicale éventuelle et décisions judiciaires — seront scrutés de près par les acteurs économiques et les observateurs internationaux, soucieux de la transparence et de la stabilité des institutions financières au Liban.