Un rebond marqué de l’octroi de crédits selon la banque centrale marocaine
À 1.301,8 milliards de dirhams à fin juin 2026, l’encours des crédits bancaires au Maroc affiche une hausse annuelle de 10,9 %. Les données publiées par Bank Al‑Maghrib dans son tableau de bord « Crédits‑Dépôts bancaires » montrent une dynamique de crédit plus vive que l’année précédente, avec des disparités selon les catégories de bénéficiaires et les finalités des prêts.
La progression n’est pas homogène : les crédits aux agents non financiers augmentent de 9,9 % en glissement annuel, tandis que ceux accordés aux agents financiers bondissent de 15,2 %. Ce contraste interroge sur la transmission de la liquidité au sein du système bancaire et sur les choix de redistribution des concours par les établissements.
Entreprises et ménages : des trajectoires différentes
Au sein des entreprises non financières privées, l’encours global progresse de 8,2 %. Cette croissance masque toutefois des mouvements internes : les crédits à l’équipement grimpent de 15,8 %, soutenant l’investissement productif, tandis que les prêts à la promotion immobilière augmentent de 9,4 %. Les facilités de trésorerie — lignes de fonds de roulement — enregistrent une hausse de 6,7 %, reflétant des besoins de liquidité des entreprises.
Les prêts aux ménages progressent à un rythme plus modéré, +3,4 % sur un an. Dans le détail, les prêts à l’habitat croissent de 2,7 % et les crédits à la consommation de 4,6 %, indiquant une demande domestique encore contenue malgré l’accès au financement.
- Encours total (juin 2026) : 1.301,8 MMDH (+10,9 %/an)
- Crédits aux agents non financiers : +9,9 %
- Crédits aux agents financiers : +15,2 %
| Catégorie | Variation annuelle |
|---|---|
| Entreprises non financières (global) | +8,2 % |
| Crédits à l’équipement | +15,8 % |
| Prêts à la promotion immobilière | +9,4 % |
| Facilités de trésorerie | +6,7 % |
| Ménages (global) | +3,4 % |
| Prêts à l’habitat | +2,7 % |
| Crédits à la consommation | +4,6 % |
Cette lecture chiffrée soulève plusieurs implications pour le secteur bancaire et les acteurs économiques : une hausse soutenue des concours peut soutenir la croissance, mais elle interroge aussi la qualité future du portefeuille et l’adéquation des provisions si la conjoncture se dégrade. Par ailleurs, la progression rapide des prêts aux « agents financiers » suggère une circulation active de la liquidité interbancaire ou une reconfiguration des bilans des établissements.
Pour les ménages, la modération de la hausse des prêts à l’habitat et de la consommation traduit une prudence des banques ou une demande contenue, possiblement liée au coût du crédit et aux perspectives de revenu des ménages. Les entreprises, pour leur part, bénéficient d’un concours plus marqué à l’investissement matériel.
La trajectoire des prochains trimestres dépendra des décisions macroéconomiques, de l’inflation, des taux et des politiques prudentielles. Bank Al‑Maghrib continue de fournir les indicateurs clés, indispensables pour suivre l’orientation du crédit et les risques associés au cycle bancaire.