Des feux désormais « fixés », mais des sinistrés en grand nombre
Les gigantesques feux qui ont parcouru la Gironde et les Landes sont pour l’essentiel fixés, mais le bilan matériel et humain reste lourd. Selon les recensements disponibles, plus de 42 000 hectares sont partis en fumée. Les médias locaux évoquent la destruction de plus de 430 bâtiments et l’évacuation de plus de 220 000 personnes. Dans le même temps, sur l’ensemble du territoire français, le feu a affecté environ 120 000 hectares depuis le début de l’année.
Des montants d’impact encore incertains, mais déjà élevés
Il est encore trop tôt pour délivrer une estimation définitive des pertes, mais les premières évaluations macroéconomiques donnent le ton. L’agence Morningstar DBRS estime que le coût total des dégâts liés aux feux de forêt en France pourrait se situer entre 10 et 15 milliards d’euros. Pour ce qui est des pertes assurées, la fourchette est plus floue : l’agence évoque plusieurs milliards d’euros de sinistres couverts, sans chiffrage consolidé à ce stade.
La réponse du secteur de l’assurance : mesures d’urgence et accélération des process
Interpellés par l’ampleur du sinistre, les assureurs ont annoncé plusieurs mesures à la fin juillet pour faciliter la gestion des dossiers et soulager les victimes. Parmi les engagements de la profession :
- prolongation du délai de déclaration des sinistres jusqu’au 31 août ;
- prise en charge, sous conditions, des frais de relogement ;
- renforcement des équipes de gestion et mobilisation des cabinets d’expertise pour accélérer les visites.
« Notre priorité est d’apporter des réponses rapides et concrètes », a déclaré Florence Lustman, présidente de France Assureurs.
Pratiques des compagnies et premières remontées
Les grands groupes du marché ont commencé à recevoir les premières vagues de déclarations. Des acteurs comme Groupama et Crédit Agricole Assurances figurent parmi les premiers à communiquer sur l’afflux de dossiers pour l’habitation et l’automobile. À court terme, l’objectif pour les assureurs est double : protéger les sinistrés (relocation, avance de fonds, procédures simplifiées) et maîtriser le traitement technique et comptable d’un grand nombre de dossiers simultanés.
Conséquences pour les comptes et les assurés
Les agences de notation appellent à la prudence : Fitch indique que l’impact sur les résultats 2026 des assureurs pourrait rester limité, à condition que les incendies ne touchent pas massivement des zones résidentielles ou industrielles supplémentaires. La situation reste toutefois susceptible d’évoluer rapidement, selon l’étendue des sinistres non encore déclarés et la nature des biens sinistrés.
| Indicateur | Chiffre cité |
|---|---|
| Hectares brûlés (région) | 42 000 ha |
| Bâtiments détruits | 430+ |
| Personnes évacuées | 220 000+ |
| Coût total estimé (Morningstar DBRS) | 10–15 Mds € |
Sur le plan opérationnel, l’enjeu pour le secteur est clair : accélérer les indemnisations tout en limitant les erreurs d’évaluation. Pour les assurés, la prolongation des délais et la prise en charge des hébergements constituent des protections immédiates. Reste à voir comment se répartiront, à terme, les charges nettes entre assureurs, réassureurs et éventuelles aides publiques, et si ces événements inciteront à revoir les politiques de prévention et de tarification des risques liés aux feux de forêt.