Un diagnostic fondé sur 8 500 réponses
La Banque de France publie chaque mois sa photographie de l'activité économique via une enquête auprès de chefs d'entreprise. Réalisée entre le 22 juillet et le 5 août, la dernière édition repose sur les réponses d'environ 8 500 dirigeants et sert de base aux prévisions trimestrielles, dont une projection de croissance de +0,2 % pour le troisième trimestre.
Des dynamiques sectorielles contrastées
Le rapport met en lumière des trajectoires très différentes selon les secteurs. L'industrie affiche une hausse de la production, mais à un rythme jugé plus faible que prévu. Les services marchands enregistrent un ralentissement attendu, tandis que le bâtiment conserve une tenue globale satisfaisante malgré des tensions au niveau du gros œuvre.
- Industrie : progression modérée, soutenue notamment par les segments liés aux investissements technologiques, énergétiques et de défense.
- Services marchands : activité légèrement positive, portée par la réparation automobile, l'hébergement et l'édition/logiciels.
- Bâtiment : situation globalement robuste mais avec un ralentissement du gros œuvre ; le second œuvre accélère.
Pressions sur les coûts et trésorerie des entreprises
La Banque de France constate que les hausses des prix des matières premières et des prix de vente se sont atténuées en juillet, ce qui laisse penser qu'une grande partie de la transmission des surcoûts observés au printemps est désormais intégrée dans les prix de vente. Sur la trésorerie, le bilan est contrasté : elle reste « proche de la normale » dans l'industrie, mais demeure globalement défavorable dans les services marchands, malgré une légère amélioration.
« pas traduite à ce stade »
Concernant les événements géopolitiques, l'institution estime que la reprise des hostilités au Moyen-Orient début juillet ne s'est, pour l'instant, pas traduite par une hausse généralisée des coûts d'intrants.
Perspectives pour août et implications
Pour le mois d'août, les dirigeants anticipent une accélération de l'activité dans les trois grands secteurs : la production industrielle devrait progresser dans la plupart des branches, le bâtiment bénéficierait d'un rebond du gros œuvre et les services continueraient d'évoluer, mais de façon plus modérée. Ces attentes expliquent en partie la prévision de +0,2 % du PIB au troisième trimestre.
| Secteur | Tendance en juillet | Attentes pour août |
|---|---|---|
| Industrie | Progression modérée, moins forte qu'anticipé | Reprise plus généralisée des branches |
| Services marchands | Légère croissance, ralentissement prévu | Progression plus modérée |
| Bâtiment | Tenue d'ensemble, gros œuvre en ralentissement | Rebond attendu du gros œuvre |
Ces constats ont des implications directes pour la politique monétaire et le tissu des entreprises : une inflation des coûts qui se résorbe limite la pression sur les marges et peut réduire le besoin de resserrement additionnel, tandis que des trésoreries encore fragiles dans les services appellent une vigilance sur l'accès au financement. Les prévisions de la Banque de France alimenteront les analyses des autorités et des acteurs financiers alors que l'économie française navigue entre chocs externes et ajustements internes.