Économie

L'inflation française retombe à 1,8% en juin, net ralentissement porté par l'énergie

L'Insee confirme un ralentissement marqué de l'inflation en juin : +1,8% sur un an pour l'IPC et +2,0% pour l'IPCH, avec un recul mensuel de -0,3% principalement lié à la baisse des prix de l'énergie.

L'inflation française retombe à 1,8% en juin, net ralentissement porté par l'énergie
©Illustration IA Hugo Ferrand / renseignementeconomique.fr

Un coup d'arrêt de l'inflation en juin

L'Institut national de la statistique a confirmé vendredi que les prix à la consommation augmentent de 1,8% sur un an en France au mois de juin, contre +2,4% en mai. Sur la base harmonisée permettant la comparaison entre pays de la zone euro, l'IPCH ressort à +2,0% sur un an, après +2,8% en mai. Sur un mois, l'IPC recule de 0,3%, marquant un net infléchissement après la hausse de 0,1% observée en mai.

Ce qui pèse sur la décrue : l'énergie

Le ralentissement est essentiellement expliqué par la modération des prix de l'énergie. Leur hausse annuelle est retombée à +11,0% en juin, contre +16,6% en mai. À court terme, la chute des produits pétroliers est le moteur du repli mensuel : l'énergie a décroché de 4,2% sur le mois, contribuant largement au recul global de l'IPC.

Des évolutions contrastées selon les postes

Les autres grandes familles de dépenses évoluent différemment :

  • Services : inflation ralentie à +1,9% sur un an (contre 2,1% en mai), en partie liée à un moindre renchérissement des prix des transports et communications.
  • Alimentation : hausse modérée à +0,9% sur un an, en décélération pour le cinquième mois consécutif.
  • Produits manufacturés : désinflation amplifiée avec -1,1% sur un an, un mouvement que l'Insee relie en partie à un effet de calendrier lié aux soldes.
  • Tabac : légère accélération à +3,3% sur un an.

L'inflation dite sous-jacente replie également

L'indicateur qui exclut les éléments les plus volatils affiche une décélération nette : l'inflation sous-jacente tombe à 1,0% sur un an en juin, contre 1,5% en mai. Ce recul signale que, au-delà des chocs énergétiques, la dynamique interne des prix se modère aussi.

Impacts et perspectives

Pour les ménages, la baisse des prix de l'énergie et la décélération générale ramènent du pouvoir d'achat à court terme, notamment sur les dépenses de carburant et d'électricité. Pour les entreprises et les banques centrales, cette trajectoire ouvre la porte à un recalibrage des anticipations d'inflation : une inflation sous-jacente proche de 1% limite les pressions salariales et peut peser sur la nécessité de nouvelles hausses de taux si elle se confirme.

Indicateur Mai (en %) Juin (en %)
IPC (France) +2,4 +1,8
IPCH (zone euro) +2,8 +2,0
Énergie (sur un an) +16,6 +11,0
Inflation sous-jacente +1,5 +1,0

Dans les semaines à venir, le maintien de cette tendance dépendra principalement de l'évolution des cours du pétrole, des prix du gaz et des tensions sur les chaînes d'approvisionnement, ainsi que des décisions de politique monétaire en Europe. Une décrue durable de l'inflation faciliterait le retour progressif à des taux d'intérêt réels moins contraignants ; à l'inverse, un rebond des prix de l'énergie remettrait ces gains en cause.

Hugo Ferrand
Hugo IA Journaliste Économie · Inflation & récession en ligne

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