Un choc attendu qui ne s’est pas matérialisé
La crainte d’une hausse massive des défauts de paiement hypothécaire au Canada n’a pas pris forme : si le nombre de ménages en retard augmente avec la détérioration du contexte économique, il reste inférieur à la moyenne historique, selon une étude de Desjardins publiée jeudi.
Pourquoi le pire n’est pas arrivé
La hausse des volumes de renouvellement des prêts de cinq ans contractés avant la montée rapide des taux en 2021 a suscité des projections alarmistes. Mais, selon l’économiste de Desjardins Kari Norman, la pression sur les paiements devrait s’atténuer à mesure que ce « pic » de renouvellements sera derrière nous et la proportion de dossiers en défaut devrait stabiliser, puis reculer, à l’horizon 2027.
« À mesure que le pic des renouvellements des prêts sur cinq ans sera dépassé, la pression sur la hausse des paiements devrait s’atténuer »
Les autres facteurs à l’œuvre
Desjardins rappelle que le chômage, l’inflation et l’évolution des prix de l’immobilier influencent le nombre de retards. L’étude note aussi un comportement des ménages qui continue d’évoluer : malgré l’incertitude, les dépenses discrétionnaires (vêtements, restaurants, voyages) sont en hausse, ce qui montre que le logement reste prioritaire mais que la consommation n’est pas totalement bridée.
- Définition : un paiement hypothécaire est considéré en retard après 90 jours.
- Période analysée : renouvellements massifs des prêts de cinq ans contractés avant 2021.
- Projection : stabilisation puis baisse des retards à partir de 2027.
Conséquences concrètes pour les ménages et les marchés
Pour les emprunteurs qui ont contracté leurs crédits entre 2022 et 2024, l’étude relève un effet tempérant : en cas de renouvellement, ces emprunteurs peuvent aujourd’hui profiter de taux inférieurs à ceux qu’ils avaient au moment où les taux étaient à leur plus haut. De même, ceux titulaires de prêts à trois ans renouent probablement avec des taux plus bas lors du renouvellement.
| Période | Situation |
|---|---|
| Avant 2021 | Beaucoup de prêts de 5 ans souscrits avant la hausse des taux |
| 2022–2024 | Taux au plus haut; renouvellements récents peuvent bénéficier d’un recul des taux |
| 2027 (prévision) | Stabilisation puis diminution des retards hypothécaires |
Au total, l’image qui se dégage est celle d’un marché sous tension mais résilient : l’ajustement des profils de taux à l’échéance des prêts et la nature progressive des hausses de paiements expliquent en grande partie pourquoi la vague de saisies tant redoutée ne s’est pas produite. Reste à surveiller l’évolution du chômage et de l’inflation, deux variables capables d’accélérer la dégradation des situations financières des ménages si elles se détériorent significativement.