Un rebond des métaux précieux fréquenté par l'évolution des taux américains
Les prix de l'or et de l'argent ont connu un redressement net le matin du 10 juillet, dans un environnement où les taux d'intérêt américains et l'indice du dollar ont reculé. L'or au comptant s'échangeait autour de 4 120,80 $ l'once, en hausse de 1,13 %, tandis que l'argent atteignait près de 59,95 $ l'once, soit un gain de 2,82 % sur la séance.
Les cours ont évolué dans des fourchettes marquées : l'or a fluctué entre 4 053,60 $ et 4 134,90 $, retrouvant le niveau psychologique des 4 100 $ mais sans dépasser la zone de résistance située entre 4 162 $ et 4 214 $. L'argent s'est négocié entre 57,47 $ et 60,62 $, progressant vers la barre des 60 $ après une forte chute la veille, mais restant sous la zone de résistance clef de 61–62 $.
Ce qui motive le mouvement : emploi US, compte rendu de la Fed et marchés obligataires
Les investisseurs ont réagi aux chiffres de l'emploi américain pour juin, qui montrent la création de 57 000 emplois et un taux de chômage maintenu à 4,2 %. Par ailleurs, les estimations d'avril et mai ont été révisées à la baisse de 74 000 emplois au total. Ces données ont tempéré les anticipations d'une hausse rapide des taux par la Réserve fédérale et soutenu les métaux précieux.
En parallèle, le compte rendu de la dernière réunion de la Fed révèle néanmoins que certains responsables restent vigilants sur l'inflation et n'excluent pas une hausse en septembre. Ce double message — données d'emploi plus faibles mais toujours des membres de la Fed préoccupés par l'inflation — a créé de l'incertitude, favorisant la volatilité des actifs refuges.
Rendements en baisse, dollar plus faible : conditions favorables aux métaux
Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans est retombé aux alentours de 4,53 % après un pic proche de 4,60 % début juillet. Le rendement à 2 ans a reculé à environ 4,16 %. L'indice dollar (DXY) est passé sous la barre des 101,00. Ces mouvements ont réduit le coût d'opportunité de détenir des métaux non rémunérateurs et renforcé l'attrait de l'or et de l'argent.
| Actif | Prix / Rendement | Fourchette séance |
|---|---|---|
| Or (comptant) | 4 120,80 $/once | 4 053,60 $ – 4 134,90 $ |
| Argent (comptant) | 59,95 $/once | 57,47 $ – 60,62 $ |
| Treasury 10 ans | ~4,53 % | pic récent ~4,60 % |
Conséquences pour l'énergie et le pouvoir d'achat en France
Indirectement, ces évolutions ont un effet sur les prix de l'énergie en France. Un dollar plus faible et des taux en repli allègent, toutes choses égales par ailleurs, la pression sur les coûts d'importation d'hydrocarbures libellés en dollars. À l'inverse, la perspective d'une Fed toujours prête à relever ses taux maintient un risque de hausse des coûts de financement pour les producteurs et les acheteurs d'énergie, ce qui peut se traduire par une volatilité des prix à court terme.
- Un recul du dollar tend à réduire le prix des matières premières importées pour la zone euro.
- Des rendements obligataires en baisse réduisent le coût d'opportunité de l'or, soutenant les métaux précieux.
- Les signaux mixtes de la Fed accentuent la volatilité et rendent les perspectives à court terme incertaines.
Pour le consommateur français, l'impact n'est pas mécanique : les prix à la pompe ou du gaz résultent aussi des flux physiques, des capacités de raffinage et des taxes nationales. Néanmoins, la combinaison d'un dollar plus faible et d'un apaisement des rendements pourrait, si elle se confirme, limiter une hausse prochaine des tarifs énergétiques importés.
À court terme, les marchés resteront attentifs aux prochaines publications économiques américaines et aux déclarations des membres de la Fed, qui détermineront si le mouvement en faveur des métaux précieux se prolongera ou si la résistance identifiée sur l'or et l'argent décrochera une nouvelle correction.