Un rapport annuel qui revendique des résultats après une période de déséquilibres
La remise du rapport annuel 2025 de la Banque centrale de Tunisie (BCT) au gouvernement, formalisée le 11 juillet 2026, a servi de cadre à un bilan macroéconomique positif pour l'année écoulée. Selon les éléments présentés par le gouverneur, l'action monétaire a visé trois objectifs : maîtriser l'inflation, préserver les réserves de change et stabiliser le taux de change, tout en soutenant l'activité économique.
La cheffe du gouvernement a rappelé que la Banque avait procédé à deux baisses du taux directeur en 2025, qui a été fixé à 7 %. Ces décisions sont mises en relation, dans le rapport, avec des progrès sur plusieurs indicateurs clés.
Des chiffres concrets mais remis dans leur contexte
Le rapport avance les principaux agrégats suivants pour 2025 :
- PIB : croissance de 2,5 % (contre 1,6 % en 2024) ;
- Chômage : taux en baisse à 15,2 % (contre 16,5 % en 2024) ;
- Investissements directs étrangers : hausse d'environ 30 %.
Pour le début 2026, les premiers indicateurs publiés dans le rapport font état d'une poursuite de la dynamique : le PIB aurait progressé de 2,6 % au premier trimestre, porté par l'agriculture, les services (dont le tourisme) et certaines activités industrielles.
Origines des gains et fragilités persistantes
Le document insiste sur l'héritage d'un « lourd bilan » de déséquilibres économiques et sociaux accumulés au fil des décennies, mentionnant la marginalisation et l'endettement comme facteurs structurants. Les autorités attribuent néanmoins l'amélioration des indicateurs à des choix de politique économique jugés pertinents et à une confiance retrouvée des investisseurs.
| Indicateur | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Croissance du PIB | 1,6 % | 2,5 % |
| Taux de chômage | 16,5 % | 15,2 % |
| Taux directeur | — | 7 % |
| FDI (variation) | — | +30 % |
Ce que cela signifie pour l'économie tunisienne (et au-delà)
Sur le plan pratique, une inflation maîtrisée et un taux directeur abaissé signifient un coût du crédit potentiellement plus faible pour les entreprises et les ménages, facilitant l'investissement et la consommation si la transmission monétaire fonctionne. La hausse des flux étrangers peut contribuer à renforcer les réserves et faciliter le financement extérieur à court terme.
Cependant, le rapport lui-même rappelle les limites : l'amélioration des chiffres ne gomme pas les vulnérabilités structurelles, ni ne garantit une trajectoire soutenable sans réformes budgétaires et sociales. Le rythme de la reprise dépendra notamment de la capacité à transformer la confiance des investisseurs en projets productifs durables et à réduire les fragilités du marché du travail.
Perspectives
La présentation publique du rapport 2025 marque une étape symbolique : la Banque centrale met en avant sa contribution à la stabilisation, mais les observateurs suivront de près l'évolution des réserves de change, la trajectoire de l'inflation et l'impact effectif des baisses de taux sur le crédit. Ces éléments détermineront si les « résultats positifs » constatés se traduisent en amélioration pérenne du niveau de vie et de l'emploi en Tunisie.