Une nouvelle détente monétaire dans un contexte d'inflation maîtrisée
La Banque d'Israël a réduit son taux d'intérêt à court terme de 3,75 % à 3,5 %, soit son niveau le plus bas depuis début 2023. Il s'agit de la quatrième baisse consécutive du cycle amorcé en novembre dernier, une trajectoire qui se distingue des politiques plus resserrées observées dans plusieurs autres banques centrales.
Le passage s'explique principalement par une inflation stable : le taux annuel s'est maintenu à 1,9 % en mai, bien situé dans la fourchette cible de la banque centrale, fixée entre 1 % et 3 %. Parallèlement, la baisse des prix de l'énergie après un accord de cessez-le-feu a allégé les pressions sur les coûts, tandis que le retour de travailleurs mobilisés a soutenu l'emploi et réduit certaines tensions sur le marché du travail.
Perspectives et conditions pour de nouvelles baisses
Le gouverneur, Amir Yaron, a indiqué à Reuters que, selon le scénario de base, il anticipe une poursuite de la baisse des taux « jusqu'au moins la zone des 3 % ». Cette trajectoire vise à maintenir l'inflation autour de 2 %, niveau jugé compatible avec la stabilité des prix par l'institution.
« Selon notre scénario de référence, nous prévoyons que le taux d'intérêt continuera de baisser pour atteindre au moins la zone des 3 % », a déclaré le gouverneur Amir Yaron.
La banque centrale a toutefois souligné l'incertitude persistante, en particulier liée à la géopolitique et à la politique budgétaire. Les futurs ajustements dépendront des évolutions de l'inflation, des anticipations et de l'équilibre des risques.
Conséquences concrètes pour l'économie
- Coût du crédit : une baisse durable vers 3 % allégerait le service de la dette pour entreprises et ménages, stimulant potentiellement l'investissement et la consommation.
- Monnaie : un tour de vis accommodant peut peser sur le shekel, mais la vigueur actuelle de la monnaie a aidé à contenir l'inflation.
- Marché du travail : la réintégration de travailleurs mobilisés contribue à la solidité de l'emploi, réduisant le risque d'une surchauffe salariale.
Un calendrier étroitement surveillé
La Banque d'Israël observe l'évolution des prix de l'énergie et la dynamique des anticipations d'inflation. Dans ses projections actualisées, ses services tablent sur un taux d'inflation de 1,8 % d'ici la fin de 2027, et estiment que le taux directeur devrait glisser vers la zone des 3 % au cours de l'année à venir. Ces chiffres encadrent la possibilité d'une politique monétaire plus expansive si les signaux macroéconomiques restent favorables.
Pourquoi cela intéresse les marchés internationaux
Si la Banque d'Israël poursuit son assouplissement, cela renforcera la divergence entre pays où les banques centrales maintiennent des taux élevés pour lutter contre l'inflation et d'autres qui desserrent la politique monétaire. Cette divergence influence les flux de capitaux, les taux de change et les prix des actifs, et mérite une attention continue des investisseurs et décideurs économiques.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Taux avant décision | 3,75 % |
| Taux après décision | 3,5 % |
| Inflation annuelle (mai) | 1,9 % |
| Projection d'inflation (fin 2027) | 1,8 % |