Un indice élevé malgré un contexte international plus fragile
Selon l'enquête trimestrielle publiée le 15 octobre par la Chambre de commerce européenne au Vietnam (EuroCham), la confiance affichée par les entreprises européennes implantées dans le pays demeure à un niveau historiquement élevé : le Business Confidence Index (BCI) s'établit à 78,3 points au troisième trimestre 2026.
Sur le terrain, 64 % des répondants jugent leur situation bonne ou très bonne, tandis que 28 % adoptent une attitude plus neutre ou prudente. Ces chiffres traduisent une dynamique positive générale, mais aussi une réserve liée au ralentissement de la demande internationale et aux incertitudes macroéconomiques.
Des dynamiques sectorielles contrastées
Les évolutions diffèrent fortement selon les secteurs, ce qui éclaire les priorités opérationnelles et les risques pour l'emploi local :
- Agriculture et chaîne alimentaire : progression notable de 11,7 points, le BCI atteignant 83,9, malgré la pression des coûts d'intrants et la concurrence régionale des importations.
- Commerce, logistique et biens de consommation : maintien de bonnes performances, reflétant le rôle du Vietnam dans les chaînes de production régionales et les échanges transfrontaliers.
- Tourisme et hôtellerie : recul marqué de 22,5 points, le BCI tombant à 67,9 après un trimestre précédent très solide.
Différences selon les marchés ciblés
L'enquête met aussi en évidence des variations selon l'orientation géographique des entreprises : celles principalement destinées au marché intérieur vietnamien affichent un BCI plus élevé (80,4 points) que celles tournées vers l'Union européenne (73,2) ou vers les États-Unis (70,7), signe que la résilience dépend de la clientèle finale et des canaux d'exportation.
| Secteur | Évolution (points) | BCI (T3 2026) |
|---|---|---|
| Agriculture & chaîne alimentaire | +11,7 | 83,9 |
| Tourisme & hôtellerie | -22,5 | 67,9 |
Ce que cela signifie pour les entreprises et les salariés
Pour les groupes européens — y compris français — présents au Vietnam, le constat est double : la trajectoire générale reste favorable, ce qui conforte des décisions d'investissement et d'extension de capacité. En revanche, le repli observé dans le tourisme rappelle la vulnérabilité aux cycles de la demande internationale et aux chocs exogènes.
Concrètement, les directions opérationnelles devront adapter leurs plans : arbitrage des dépenses d'investissement entre secteurs porteurs (agroalimentaire, logistique) et activités en difficulté ; renforcement des stratégies commerciales locales pour les entreprises orientées vers le marché vietnamien ; et gestion prudente des coûts pour absorber la pression sur les marges, notamment dans l'agro-industrie confrontée à la hausse des intrants.
Enfin, les pouvoirs publics et les représentants patronaux européens suivront de près la mise en oeuvre des politiques annoncées au Vietnam, auxquelles les répondants accordent une part d'espoir pour améliorer rapidement les résultats. Pour les salariés, la situation laisse entrevoir des opportunités d'emploi dans les chaînes logistiques et agroalimentaires, tandis que les métiers liés au tourisme restent exposés à une possible recomposition.