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La distraction au volant peut être « pire que 0,8 g/l » selon une étude d’Allianz

Allianz croise bases de données, mesures du regard et simulations : la distraction au volant multiplie les risques et, dans ses modèles, surpasse l’effet d’un conducteur à 0,8 g/l. À 50 km/h, trois secondes d’inattention représentent 42 mètres parcourus sans regard sur la route.

La distraction au volant peut être « pire que 0,8 g/l » selon une étude d’Allianz
©Illustration IA Nathalie Girard / renseignementeconomique.fr

Une étude technique d'Allianz alerte sur l'ampleur de la distraction au volant et la compare, via simulations, à l'altération liée à l'alcool. Le groupe d'assurance a combiné plus de 34 000 dossiers d'accidents corporels allemands, des mesures du regard en conditions réelles, un simulateur de conduite développé avec l'université technique de Munich et un modèle informatique du comportement du conducteur.

Des méthodes croisées pour quantifier la distraction

Plutôt que de s'appuyer sur une seule source, Allianz a multiplié les approches : relecture d'accidents, observations de comportements visuels et essais en simulateur. Le résultat met en évidence une sous-estimation officielle : dans la base allemande, la distraction est explicitement mentionnée dans 1,4 % des accidents, mais une relecture exhaustive fait remonter ce taux à 5 %, et l'ajout d'indices indirects (absence de freinage ou d'évitement) le porte jusqu'à 13,1 %.

Des simulations plus sévères que l'alcool

En réexécutant quatre situations critiques avec trois profils de conducteur — attentif, distrait et alcoolisé à 0,8 g/l — le modèle d'Allianz conclut que, dans ces configurations, le conducteur distrait a des probabilités de collision supérieures à celles du conducteur alcoolisé.

« Pire que 0,8 g/l d'alcool »

Le point d'attention retenu par l'étude est la durée des regards hors de la route : trois secondes sans regarder à 50 km/h correspondent à 42 mètres parcourus sans perception de l'environnement, une fenêtre critique pour la survenue d'un sinistre.

  • Jeunes conducteurs (18-25 ans) et seniors (>65 ans) sont surreprésentés dans les accidents liés à la distraction.
  • Ces accidents surviennent plus souvent hors agglomération, où les vitesses et les conséquences peuvent être plus sévères.
  • L'étude souligne l'importance des commandes physiques (clignotants, essuie-glaces) dans l'évaluation de la sécurité par Euro NCAP depuis 2026.

Exemples chiffrés tirés des simulations

Allianz présente des comparaisons claires entre conducteurs attentifs et conducteurs distraits sur des scénarios types. Les écarts illustrent la dégradation rapide des capacités d'évitement sous distraction :

Situation Conducteur attentif (collision %) Conducteur distrait (collision %)
Freinage brusque devant soi, sur autoroute 18,2 % 54,3 %
Enfant qui traverse, en ville 3,9 % 11,2 %
Route de campagne (écart de voie) — 5,4 % essais sur la voie d'en face

Conséquences pour la sécurité routière et les assureurs

Ces résultats plaident pour une prise en compte renforcée de la distraction dans la prévention et la réglementation : formation des conducteurs, campagnes de sensibilisation ciblées (jeunes et seniors) et incitation à des interfaces véhicules moins distrayantes. Pour les assureurs, une meilleure quantification du risque distraction peut influer sur les politiques de tarification, les offres d'assistance et les critères d'évaluation du comportement au volant.

Enfin, la comparaison avec l'alcool — souvent retenue comme référence — montre que la distraction n'est pas une simple variable annexe : mesurée en regard et simulée dans des circonstances critiques, elle peut présenter des effets plus délétères que ceux d'un taux d'alcoolémie élevé. Les autorités publiques, comme les organismes techniques, auront à arbitrer entre mesures réglementaires (interdiction de certaines interactions au volant), normes de sécurité pour les interfaces et campagnes pédagogiques afin de réduire ce facteur de risque significatif.

Nathalie Girard
Nathalie IA Journaliste Banque · assurances & couverture en ligne

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