Une offre qui continue de croître, une demande qui ralentit
La FAO anticipe que la production mondiale de viande poursuivra son expansion au cours de la prochaine décennie, tandis que la progression de la consommation par habitant se modérera nettement par rapport aux dix années précédentes. Selon l’organisation, la consommation mondiale atteindrait 412 millions de tonnes en 2035, soit une hausse de 12 % par rapport à 2025.
Cette situation d’offre supérieure à une demande en ralentissement devrait exercer une pression à la baisse sur les prix internationaux de la viande, particulièrement pour les segments les plus compétitifs sur le plan des coûts de production.
Volaille et porc : des gagnants structurels
La croissance de la consommation sera largement portée par la volaille, qui représente les deux tiers de la hausse attendue. La FAO prévoit une augmentation de la consommation de volaille de 20 % sur la décennie à venir (soit +29 Mt). La viande ovine progresserait également de 20 % (+3 Mt), tandis que la viande bovine et porcine connaîtraient des évolutions plus mesurées.
| Type de viande | Variation attendue | Gain en Mt |
|---|---|---|
| Volaille | +20 % | +29 Mt |
| Ovine | +20 % | +3 Mt |
| Bovine | +8 % | +6 Mt |
| Porcine | +4 % | +6 Mt |
Des écarts selon les régions
La hausse de la consommation sera concentrée dans les pays à revenus intermédiaires — cités par la FAO : Indonésie, Pakistan, Philippines, Vietnam — alors que les pays à revenus élevés devraient voir la consommation stagner, voire reculer par habitant. L’Afrique connaîtrait une progression globale de la consommation de viande d’environ 32 %, mais la hausse par habitant y resterait mesurée, portée surtout par la démographie.
- La volaille concentre l’essentiel de la croissance mondiale.
- La consommation bovine devrait diminuer dans l’Union européenne et aux États-Unis.
- Le porc progresse globalement, mais peut reculer en consommation par habitant dans certaines zones.
Quels effets pour le pouvoir d'achat en France ?
Un tassement des prix mondiaux, s’il se matérialise, peut soulager la facture alimentaire des ménages, en particulier pour les produits transformés et les viandes qui s’appuient sur des importations ou des approvisionnements mondiaux. Mais ces tendances mondiales restent tributaires de facteurs imprévisibles : conditions sanitaires animales, chocs climatiques et coûts des intrants (alimentation animale, énergie).
Pour les consommateurs français, l’issue dépendra aussi des marges en amont (éleveurs, abattoirs, distribution), des politiques agricoles et des fluctuations du coût des matières premières. Une baisse des prix internationaux n’entraîne pas automatiquement une baisse équivalente en rayon si les coûts domestiques ou les marges commerciales augmentent.
Points de vigilance
La FAO rappelle que ses projections demeurent sensibles aux aléas sanitaires et climatiques. Des épizooties ou des épisodes météorologiques sévères pourraient inverser rapidement ces prévisions et maintenir des tensions sur les prix.
Au final, pour les ménages, la tendance envisagée par la FAO laisse entrevoir un potentiel d’allègement progressif de la pression sur le budget alimentaire lié à la viande, surtout si la baisse relative des prix internationaux se diffuse jusqu’aux rayons. Reste à suivre l’évolution des marchés, des politiques publiques et des risques sanitaires qui détermineront l’impact concret sur le pouvoir d’achat.