La Réserve fédérale américaine est attendue à l'arrêt sur ses taux directeurs pour le reste de 2026, mais la perspective d'une remontée des coûts d'emprunt gagne du terrain parmi les économistes, selon un sondage publié par Reuters.
Des prévisions prudentes, des risques orientés à la hausse
Sur les 104 économistes interrogés entre le 17 et le 21 juillet, l'ensemble s'attend à ce que la Fed maintienne sa fourchette de taux actuelle, comprise entre 3,50 % et 3,75 %, lors de sa réunion du 28-29 juillet. Par ailleurs, une majorité de 78 répondants ne prévoit aucun changement d'ici la fin de l'année. Pourtant, la perception du risque change : plusieurs prévisionnistes estiment désormais qu'une hausse est « probable » au cours des prochains mois, un retournement par rapport à l'optimisme relatif du mois précédent.
Pourquoi le scénario de hausse reprend des couleurs
Deux facteurs expliquent ce glissement dans les anticipations. D'une part, l'inflation reste nettement au-dessus de l'objectif fixé par la Fed : elle évolue à environ le double de la cible nominale de 2 %. D'autre part, la récente envolée des prix du pétrole, proche de 25 %, liée à une montée des tensions au Moyen-Orient, nourrit la crainte que l'amélioration récente de l'inflation soit temporaire. Les marchés, pour leur part, intègrent désormais la possibilité de deux hausses de taux d'ici la fin mars 2027.
« Certains s'attendent à ce que Warsh durcisse la politique monétaire relativement tôt dans son mandat. Nous pensons plutôt qu'il cherche à gagner du temps et tente d'infl... »
Un mandat centré sur le retour de l'inflation à la cible
Le président de la Fed, Kevin Warsh, a rappelé la semaine précédente que sa priorité était de ramener l'inflation vers 2 %. Mais il a fourni peu de précisions sur les instruments ou le calendrier qu'il entend utiliser pour y parvenir. Plusieurs membres de la banque centrale ont laissé entendre qu'ils n'excluraient pas des taux plus élevés si l'inflation devait rester soutenue.
Conséquences pour la zone euro et la France
Même sans mouvement immédiat, la perspective d'une remontée des taux américains est pesante pour l'économie mondiale. Une Fed plus restrictive tend à renforcer le dollar, renchérir les importations et peser sur les pays émergents. Pour la France, les effets se font sentir via :
- le prix des matières premières et de l'énergie (inflation importée) ;
- les taux à long terme européens, qui peuvent suivre la dynamique américaine ;
- les flux financiers internationaux et le coût du crédit pour les entreprises.
Quelques chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Fourchette du taux directeur (Fed) | 3,50 % - 3,75 % |
| Nombre d'économistes sondés | 104 |
| Prévision 'pas de changement' d'ici fin 2026 | 78 |
| Hausse récente du prix du pétrole | ~25 % |
| Objectif d'inflation de la Fed | 2 % |
En résumé, la fenêtre semble ouverte à une posture attentiste de la Fed pour les mois à venir. Mais la conjonction d'une inflation encore élevée et d'un choc haussier sur l'énergie rend le scénario d'une ou plusieurs hausses de taux plausible, avec des répercussions potentielles sur les marchés et l'économie française si la tendance se confirmait.