Un responsable de la Fed appelle à des hausses de taux « anticipées et progressives »
Alberto Musalem, président de la Fed de St. Louis, a déclaré lundi qu'il était « probable » que la Réserve fédérale doive encore relever ses taux d'intérêt afin de juguler une inflation qu'il juge trop persistante. Selon lui, la combinaison d'une demande robuste et d'un choc sur les prix des matières premières — qui ne se limite plus au seul secteur pétrolier — maintient des pressions inflationnistes élevées.
Musalem a insisté sur la nécessité d'une action précoce et graduelle de la banque centrale, estimant qu'une remontée progressive des taux serait « préférable et moins perturbatrice » qu'une réaction tardive, plus agressive et potentiellement plus brutale pour l'économie. Il a aussi souligné qu'il est crucial que la politique monétaire exerce une contrainte significative sur l'inflation pour atteindre l'objectif fixé par la Fed.
« La persistance de la demande et les forces récurrentes de l'offre continuent de contribuer au maintien de risques inflationnistes élevés… »
Le responsable a précisé qu'il n'était pas actuellement membre votant du Comité fédéral d'open market (FOMC) et s'est abstenu de chiffrer le niveau exact que devrait atteindre le taux directeur. Il a néanmoins pointé des signes clairs de difficultés à revenir à l'objectif d'inflation fixé par la Fed.
Où en est l'inflation aux États‑Unis ?
La référence choisie par la Fed pour mesurer l'inflation est l'indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE). Les chiffres cités par Musalem montrent que l'inflation reste supérieure à l'objectif symétrique de la banque centrale, tant au niveau headline qu'en exclusion des éléments volatils.
| Indicateur | Valeur | Date |
|---|---|---|
| PCE (sur un an) | 3,7 % | juillet |
| PCE (point bas récent) | 2,3 % | avril 2025 |
| Objectif de la Fed | 2 % | — |
Musalem indique également que, même après avoir exclu l'impact du pétrole et d'autres éléments liés à l'offre, l'inflation sous‑jacente se situerait peut‑être environ un point de pourcentage au‑dessus de l'objectif et « évolue dans la mauvaise direction ». Il note enfin que peu de progrès récents ont été accomplis pour ramener l'inflation vers 2 %.
Conséquences possibles pour les marchés et l'économie mondiale
- Une remontée des taux de la Fed tend à peser sur les taux longs et renforce le dollar, ce qui a un effet d'entraînement sur les politiques monétaires en Europe et au Japon.
- Des hausses plus nombreuses ou plus rapides que prévu peuvent ralentir la croissance mondiale et augmenter le coût du crédit pour entreprises et ménages.
- À l'inverse, une action précoce et graduelle, comme préconisée par Musalem, vise à limiter les perturbations tout en maîtrisant les pressions inflationnistes.
Pour la France et la zone euro, même si la Banque centrale européenne suit sa propre analyse, une Fed plus restrictive peut compliquer la gestion de la politique monétaire européenne en rehaussant les tensions sur les taux et la monnaie. Les décideurs européens devront donc surveiller l'évolution des prix mondiaux des matières premières et des indicateurs de demande américaine pour calibrer leur réponse.
En l'état, les propos de Musalem renforcent l'idée que l'inflation reste un phénomène concret et présent, nécessitant une vigilance continue des banques centrales et des acteurs économiques.