Un repli marqué du métal jaune face à la hausse des taux anticipée
Les cours de l’or ont enregistré un recul net lundi, les investisseurs intégrant un risque plus élevé d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale américaine. L’or au comptant perdait 1,5 %, à 4 223,95 dollars l’once, tandis que les contrats à terme diminuait eux aussi de 1,5 %, à 4 257,90 dollars.
La mécanique est désormais bien connue : la flambée des prix de l’énergie ranime les préoccupations inflationnistes et renforce la probabilité d’un resserrement monétaire, ce qui pèse sur un actif comme l’or, non productif de revenus. Un contexte de rendements obligataires plus élevés et de pétrole en hausse accroît le coût d’opportunité de la détention du métal jaune.
« Le tandem formé par les rendements obligataires élevés et le prix élevé du pétrole continue de peser sur l’or. »
Cette analyse est celle de Tim Waterer, analyste en chef des marchés chez KCM Trade, citée dans le compte rendu des échanges. Dans les faits, le prix du baril s’est redressé de plus d’un point de pourcentage après des signaux jugés contradictoires sur les flux pétroliers, amplifiant les risques inflationnistes.
Contexte monétaire : la Fed en ligne de mire
La Banque centrale américaine a déjà relevé son taux directeur en début de mois, portant la fourchette cible à 3,75 % - 4 %. Les marchés anticipent désormais une nouvelle hausse en octobre : l’outil FedWatch du CME évalue la probabilité à environ 66 %.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Or au comptant | 4 223,95 $/once |
| Contrats à terme (US) | 4 257,90 $ |
| Fourchette du taux Fed | 3,75 % - 4 % |
| Probabilité d’une hausse en octobre | 66 % |
Ce que les investisseurs vont surveiller
Au-delà des prix du pétrole et des signaux géopolitiques, une série de publications américaines clés est attendue cette semaine : offres d’emploi, rapport ADP, l’indice PCE (mesure privilégiée de l’inflation par la Fed) et les créations d’emplois non agricoles. Des données supérieures aux attentes renforceront la perspective d’un resserrement monétaire, maintenant la pression sur l’or.
- Inflation : la hausse de l’énergie peut se répercuter sur l’ensemble des coûts économiques.
- Taux réels : des rendements obligataires plus élevés pénalisent le métal sans rendement.
- Géopolitique : les tensions au Moyen-Orient continuent d’alimenter l’incertitude sur les marchés pétroliers.
En somme, le métal jaune reste sensible à un double mouvement : la reprise du risque inflationniste portée par l’énergie d’un côté, et la réaction attendue des banques centrales de l’autre. Tant que les marchés continueront de parier sur des hausses de taux, l’or pourrait rester sous pression malgré son statut de valeur refuge.