Un litige sur le prix de la mise à disposition des terrains relance le débat sur la prise en charge des équipements sportifs
Le dossier est désormais public : le président de Nîmes Olympique, Thierry Cenatiempo, a rejeté les conventions de location établies par la Ville pour le stade des Antonins et les installations de la Bastide. Motif invoqué par le club : des montants jugés trop élevés au regard des recettes attendues et des charges d'exploitation.
La facture globale liée au club pèse déjà sur le budget communal. En additionnant subventions, achat de places et entretien des enceintes — dont la pelouse hybride des Antonins — la Ville estime un coût minimal d'environ 1 M€ par an. S'y ajoutent des dépenses ponctuelles : rachat à Rani Assaf de plusieurs équipements pour un total de 9,53 M€ hors taxes, et la nécessité de refaire deux terrains synthétiques, évaluée à environ 1,50 M€. Une aide exceptionnelle de 1,20 M€ a par ailleurs déjà été votée l'été dernier.
« Ce n’est pas Nîmes Olympique qui coûte cher aux contribuables nîmois, c’est la gestion des infrastructures. Ce n’est pas au club d’assumer le prix d’achat et les coûts d’entretien »
Le point de rupture porte sur les loyers proposés : pour le stade des Antonins, dont l'usage sera partagé avec d'autres formations (notamment les U17 Nationaux de l'Académie Univers), le montant arrêté après un rabais de 30 % par la Ville est de 150 000 € par an, soit environ 10 000 € par match. Pour la Bastide, la somme retenue est de 70 000 € annuels. Ces évaluations ont été établies par les services des Domaines et de la Trésorerie.
Un contexte de recettes contraintes
Le club faisait auparavant appel à une fan zone installée hors enceinte, qui générait des recettes prises en compte pour réduire le loyer. L'interdiction de cette zone par la préfecture — suite à la vente de boissons alcoolisées — a amputé une part des ressources anticipées, selon la direction du club. Le président Cenatiempo affirme que cette perte de recettes rend la somme demandée difficilement soutenable pour Nîmes Olympique Ensemble.
- 150 000 € : loyer annuel proposé pour les Antonins (après remise de 30%).
- 70 000 € : loyer annuel proposé pour la Bastide.
- 9,53 M€ HT : montant total d'acquisition des installations rachetées à l'ancien propriétaire.
Conséquences budgétaires et calendrier
Le refus de signature bloque la mise en place formelle des conventions. La municipalité a indiqué qu'elle reviendrait vers le club avec une nouvelle proposition. Sur le terrain, cela maintient une incertitude sur les modes d'occupation, la répartition des coûts d'entretien et, à terme, sur l'organisation des calendriers d'utilisation des sites partagés.
Au-delà du cas nîmois, l'affaire illustre une tension fréquente entre collectivités et clubs professionnels : qui supporte l'amortissement d'infrastructures onéreuses et les frais de maintenance corrélés aux exigences sportives ? La question est d'autant plus saillante que d'autres projets, comme la rénovation du stade des Costières, restent en attente et pourraient entraîner de nouvelles discussions financières et politiques.
| Poste | Montant cité |
|---|---|
| Loyer Antonins | 150 000 € / an |
| Loyer Bastide | 70 000 € / an |
| Achat installations | 9,53 M€ HT |
| Réfection terrains synthétiques | ~1,50 M€ |
| Subvention exceptionnelle | 1,20 M€ |
Pour les contribuables, la lecture reste pragmatique : une dépense récurrente d'environ 1 M€ par an, additionnée à des investissements ponctuels, alourdit la ligne budgétaire municipale. Pour le club, accepter des loyers qui ne tiennent pas compte de recettes désormais interdites (fan zone) ou de la répartition des charges d'investissement sur le long terme paraît inacceptable.
La suite dépendra des arbitrages municipaux : une baisse supplémentaire des loyers, une prise en charge partielle des travaux, ou un mécanisme de partage des recettes. Dans tous les cas, ce dossier intéresse au-delà de Nîmes : il pose la question du modèle économique des clubs et de la gouvernance des équipements sportifs détenus par les collectivités.