Un retour vers la moyenne : le taux de chômage des jeunes s'établit à 8,2 %
Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 29 ans au Québec est estimé à 8,2 % en 2025, révèle le "Portrait du chômage chez les jeunes de 15 à 29 ans au Québec en 2025" publié par l'Institut de la statistique du Québec. Ce niveau s'approche du double de celui observé chez les 30-54 ans et correspond globalement aux moyennes constatées il y a une décennie.
Des écarts profonds selon l'âge, le diplôme et l'origine
La situation n'est pas homogène au sein de cette tranche d'âge. Les 15-19 ans affichent le taux de chômage le plus élevé, un peu moins de 13 %. Certaines catégories au sein de ce groupe sont particulièrement fragilisées :
- jeunes sans diplôme d'études secondaires : environ 17 % ;
- jeunes qui ne sont pas aux études : 14 % ;
- jeunes hommes : 14 % ;
- jeunes immigrants : 28 %.
« si les taux de chômage de 2025 et de 2024 nous paraissent élevés, c’est parce que les taux de chômage de 2022 et de 2023 avaient atteint des niveaux particulièrement bas vers la fin de la pandémie de COVID-19. »
Cette mise en perspective, fournie par Pierre-Olivier Paré dans l'analyse de l'Institut, invite à lire les chiffres comme un retour vers la moyenne plutôt que comme une dégradation soudaine.
Comparaisons interprovinciales et tendance récente
Sur le plan territorial, le Québec présente pour les 15-19 ans un taux de chômage inférieur à celui de plusieurs grandes provinces : Ontario 23 %, Alberta 24 %, Colombie-Britannique 20 %. L'étude note aussi que, comparés aux moyennes sur cinq et dix ans (hors 2020), les taux de 2025 sont légèrement plus élevés qu'il y a cinq ans, mais similaires à ceux d'il y a dix ans.
| Catégorie | Taux de chômage |
|---|---|
| 15-29 ans (global) | 8,2 % |
| 15-19 ans | ~13 % |
| 15-19 ans, sans diplôme | ~17 % |
| Jeunes immigrants | 28 % |
Conséquences pour les jeunes, les employeurs et les politiques
Pour les jeunes, ces chiffres signifient que l'entrée sur le marché du travail reste inégale : le diplôme et le statut migratoire font une différence majeure. Les employeurs, qui ont connu des difficultés de recrutement les deux dernières années, peuvent percevoir un réservoir de candidats potentiels, mais la qualité de l'adéquation formation-poste et l'accès aux emplois demeurent des verrous.
Sur le plan des politiques publiques, la lecture proposée par l'Institut appelle à ne pas surinterpréter la hausse comme un signe d'affaiblissement structurel immédiat, mais plutôt à renforcer les dispositifs ciblés : accompagnement des décrocheurs scolaires, programmes d'intégration pour les jeunes immigrants et formation reconnue pour améliorer l'employabilité.
En continuant d'observer les évolutions annuelles, il sera possible de déterminer si l'augmentation récente s'inscrit dans une normalisation après des bas historiques ou si elle se transforme en tendance durable affectant durablement les parcours d'insertion professionnelle.