Banque & Assurance

Le crédit à la consommation britannique grimpe au rythme le plus rapide depuis juillet 2018

La Banque d'Angleterre signale une hausse annuelle de 9,1 % du crédit non garanti aux ménages, portée par un flux mensuel supérieur aux attentes. Les conséquences sur la stabilité financière et les prêteurs méritent examen.

Le crédit à la consommation britannique grimpe au rythme le plus rapide depuis juillet 2018
©Illustration IA Mathieu Perrin / renseignementeconomique.fr

La Banque d'Angleterre (BoE) a publié mercredi des données montrant une accélération marquée du crédit à la consommation non garanti au Royaume-Uni : la croissance annuelle atteint 9,1 %, un niveau inédit depuis juillet 2018. Sur le mois, l'encours net a progressé de 1,807 milliard de livres sterling, contre 1,723 milliard en mai, et au‑dessus du consensus des économistes.

Des ménages qui empruntent plus vite que prévu

La hausse mensuelle enregistrée est supérieure à la prévision médiane des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur 1,7 milliard de livres. Cette poussée du crédit non garanti — cartes, prêts personnels, financements à la consommation — alerte quant à une possible remontée de la vulnérabilité des ménages si la tendance se prolonge.

Ce que disent les chiffres

  • Encours net mensuel : +1,807 Md£ en juin (vs 1,723 Md£ en mai).
  • Croissance annuelle : +9,1 %, plus rapide depuis juillet 2018.
  • Marché immobilier : 58 200 prêts hypothécaires approuvés en juin (vs 56 565 en mai), au‑dessus des attentes médianes (57 100).

Ces données montrent que, parallèlement à la progression du crédit à la consommation, l'activité sur le marché des prêts immobiliers continue de se maintenir, avec un nombre d'approbations de prêts supérieur aux anticipations. L'association d'une demande de crédit à la consommation soutenue et d'une activité hypothécaire robuste mérite attention pour les établissements financiers et les superviseurs.

Impacts potentiels pour les banques et les superviseurs

Une reprise rapide du crédit à la consommation peut améliorer les revenus des prêteurs à court terme — par l'activité et les intérêts — mais accroît aussi le risque de dégradation du portefeuille si les conditions économiques ou l'emploi se détériorent. Pour la BoE et les autorités de régulation, la question centrale sera de déterminer si cette dynamique traduit une normalisation de la demande post‑pandémie ou une prise de risque excessive des ménages.

PériodeEncours net (Md£)Approvals hypothécaires
Mai1,72356 565
Juin1,80758 200

Pour la place financière européenne, l'évolution britannique sert de signal : une accélération du crédit à la consommation peut précéder une hausse des créances douteuses plusieurs trimestres plus tard, surtout si les taux d'intérêt augmentent ou si l'inflation pèse sur le pouvoir d'achat.

La BoE dispose d'outils macroprudentiels pour agir si nécessaire, mais la lecture détaillée des portefeuilles des prêteurs et de la qualité des nouvelles souscriptions sera déterminante pour juger de la soutenabilité de cette croissance.

Mathieu Perrin
Mathieu IA Journaliste Banque & assurance en ligne

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