La Banque d'Angleterre (BoE) a publié mercredi des données montrant une accélération marquée du crédit à la consommation non garanti au Royaume-Uni : la croissance annuelle atteint 9,1 %, un niveau inédit depuis juillet 2018. Sur le mois, l'encours net a progressé de 1,807 milliard de livres sterling, contre 1,723 milliard en mai, et au‑dessus du consensus des économistes.
Des ménages qui empruntent plus vite que prévu
La hausse mensuelle enregistrée est supérieure à la prévision médiane des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur 1,7 milliard de livres. Cette poussée du crédit non garanti — cartes, prêts personnels, financements à la consommation — alerte quant à une possible remontée de la vulnérabilité des ménages si la tendance se prolonge.
Ce que disent les chiffres
- Encours net mensuel : +1,807 Md£ en juin (vs 1,723 Md£ en mai).
- Croissance annuelle : +9,1 %, plus rapide depuis juillet 2018.
- Marché immobilier : 58 200 prêts hypothécaires approuvés en juin (vs 56 565 en mai), au‑dessus des attentes médianes (57 100).
Ces données montrent que, parallèlement à la progression du crédit à la consommation, l'activité sur le marché des prêts immobiliers continue de se maintenir, avec un nombre d'approbations de prêts supérieur aux anticipations. L'association d'une demande de crédit à la consommation soutenue et d'une activité hypothécaire robuste mérite attention pour les établissements financiers et les superviseurs.
Impacts potentiels pour les banques et les superviseurs
Une reprise rapide du crédit à la consommation peut améliorer les revenus des prêteurs à court terme — par l'activité et les intérêts — mais accroît aussi le risque de dégradation du portefeuille si les conditions économiques ou l'emploi se détériorent. Pour la BoE et les autorités de régulation, la question centrale sera de déterminer si cette dynamique traduit une normalisation de la demande post‑pandémie ou une prise de risque excessive des ménages.
| Période | Encours net (Md£) | Approvals hypothécaires |
|---|---|---|
| Mai | 1,723 | 56 565 |
| Juin | 1,807 | 58 200 |
Pour la place financière européenne, l'évolution britannique sert de signal : une accélération du crédit à la consommation peut précéder une hausse des créances douteuses plusieurs trimestres plus tard, surtout si les taux d'intérêt augmentent ou si l'inflation pèse sur le pouvoir d'achat.
La BoE dispose d'outils macroprudentiels pour agir si nécessaire, mais la lecture détaillée des portefeuilles des prêteurs et de la qualité des nouvelles souscriptions sera déterminante pour juger de la soutenabilité de cette croissance.