Un dialogue technique pour suivre la reprise et pousser les réformes
Une mission de consultation du FMI, conduite par Ron van Rooden, s'est entretenue à Damas avec le ministre syrien des Finances, Mohammad Yisr Barnieh, sur l'état de l'économie syrienne et le calendrier des réformes. Selon le communiqué relayé par le ministère des Finances via Telegram, les échanges ont porté sur les performances des finances publiques, les perspectives pour 2026 et les préparatifs du budget 2027, ainsi que sur l'avancement des réformes du secteur financier et bancaire.
Le ton du rendez‑vous, tel que présenté par les autorités syriennes, est technique et centré sur la mise en œuvre. La mission du FMI a «saluté la coopération» et noté une amélioration des indicateurs de performance. Les deux parties ont insisté sur la nécessité d'une coordination continue pour garantir le suivi des recommandations durant la prochaine phase.
Des leviers nationaux pour mobiliser des ressources
Parmi les mesures mises en avant figurent le développement d'instruments de financement domestiques. Le ministère a cité en particulier le lancement d'une émission de sukuk souverains — obligations conformes à la finance islamique — destinée à capter une partie de l'épargne nationale et diversifier les sources de financement de l'État.
- Objectif : renforcer les recettes publiques et soutenir la reconstruction.
- Instruments : sukuk, réformes bancaires, amélioration des statistiques budgétaires.
- Secteurs moteurs : agriculture, tourisme, reprise des zones de production d'hydrocarbures.
Perspectives de croissance adossées à la reprise sectorielle
La mission a identifié des perspectives de croissance jugées favorables pour l'année en cours, attribuées notamment à la reprise des activités agricoles et touristiques et à la remise en service progressive de zones productrices de pétrole et de gaz. Ces évolutions devraient, selon Damas et les experts consultés, contribuer à augmenter la production nationale et, par voie de conséquence, améliorer les recettes de l'État.
| Thèmes abordés | Points discutés |
|---|---|
| Finances publiques | Évaluation des performances et projections 2026 |
| Budget | Préparatifs du budget 2027 |
| Réformes | Progression des réformes financière et bancaire |
| Instruments | Lancement prévu de sukuk souverains |
Enjeux et limites pour la communauté internationale
Ce type d'échanges technique avec le FMI reflète la volonté des autorités syriennes d'ancrer une trajectoire de sortie de crise économique visible. Pour les partenaires internationaux et fournisseurs d'aide, la priorité demeure la mise en œuvre effective des réformes structurelles et la transparence des données. Sans garanties supplémentaires sur ces points, la mobilisation d'investissements étrangers et l'accès à des financements multilatéraux resteront partiels.
Pour l'économie française, la stabilisation graduelle de la Syrie pourrait ouvrir des opportunités dans les secteurs agricoles et énergétiques, tout en posant des questions sur les risques politiques et juridiques liés aux partenariats. Les développements à venir dépendront largement de l'intensité du suivi technique entre Damas et le FMI et de la capacité des autorités syriennes à transformer les engagements en résultats concrets.