Un bilan prudent du FMI sur la conjoncture mondiale
Le Fonds monétaire international considère que l’économie mondiale a jusqu’ici mieux résisté au choc énergétique provoqué par la crise autour du détroit d’Ormuz que ce que l’on redoutait. Cet aperçu a été dressé par la directrice générale du FMI, qui a mis en regard des forces contraires : d’un côté, l’impact négatif sur l’offre d’énergie ; de l’autre, des facteurs porteurs, dont le boom des investissements dans l’intelligence artificielle.
Malgré ce constat relativement rassurant sur la croissance, la responsable du Fonds a exprimé de fortes préoccupations concernant la détérioration des conditions budgétaires dans certains pays. Elle a notamment souligné la hausse des rendements obligataires et un processus de désinflation qui commence à ralentir, laissant planer la nécessité pour les banques centrales de maintenir, voire de prolonger, des politiques monétaires restrictives pour garder l’inflation sous contrôle.
« bras de fer »
La dirigeante a qualifié la situation d’un « bras de fer » entre le choc d’offre énergétique au Moyen-Orient et les vents favorables à la croissance apportés par l’essor de l’IA, qui s’étend désormais au-delà des États-Unis. Autrement dit, les stimulants liés aux gains de productivité et aux investissements technologiques compensent en partie les perturbations sur l’offre d’énergie.
Quels facteurs ont limité l’impact du choc énergétique ?
Le FMI identifie plusieurs mécanismes qui ont réduit la transmission du choc énergétique à l’économie globale :
- Recours aux réserves stratégiques de pétrole et de gaz par certains pays.
- Accroissement des approvisionnements hors du Golfe.
- Baisse de la demande énergétique dans certains marchés.
- Montée des capacités renouvelables et, localement, un retour à une production électrique à partir du charbon.
| Facteur | Conséquence observée |
|---|---|
| Réserves stratégiques | Amortissement des chocs d’offre |
| Approvisionnements hors Golfe | Diversification des sources |
| Renouvelables / charbon | Substitution partielle des approvisionnements |
Des risques qui restent orientés à la baisse
Si les risques paraissent aujourd’hui « plus équilibrés » qu’au printemps, le FMI rappelle que l’orientation globale demeure négative en raison de pressions budgétaires croissantes. La combinaison d'endettement élevé, d'une inflation encore persistante dans certains pays et de tensions commerciales entretient une vulnérabilité qui pourrait peser sur la croissance future.
Pour la France et l’Union européenne, les implications sont concrètes : une hausse prolongée des rendements sur la dette souveraine alourdit le coût du service de la dette et réduit la marge de manœuvre budgétaire, tandis qu’une politique monétaire restrictive pèse sur le crédit aux entreprises et aux ménages. En outre, l’extension internationale des investissements liés à l’IA modifie les dynamiques sectorielles et compétitives, mais ne compense pas uniformément les chocs d’offre énergétiques.
Le message du FMI est donc double : la conjoncture résiste mieux que prévu, mais les autorités publiques doivent rester vigilantes face à la dégradation des positions budgétaires et à la possibilité d’un maintien prolongé des taux élevés. Ces éléments seront au cœur des discussions des ministres des finances et gouverneurs de banques centrales la semaine prochaine au G20, à Asheville.