Le GNL présenté comme pilier de la sécurité électrique nationale
Lors d'un séminaire consacré au développement du GNL, les autorités et les acteurs du secteur ont confirmé le positionnement du gaz naturel liquéfié comme source de transition stratégique. Le GNL est considéré comme un instrument pour équilibrer l'offre et la demande, accompagner la montée des énergies renouvelables et renforcer la stabilité du réseau électrique national.
Le Plan de développement de l'énergie VIII fixe un objectif clair : atteindre environ 22 400 MW de capacité thermique fonctionnant au GNL d'ici 2030, ce qui représenterait près de 15 % de la capacité électrique totale. Le plan prévoit en parallèle le déploiement de sources flexibles à démarrage rapide, entre 2 000 et 3 000 MW, indispensables pour la régulation de charge à mesure que la part des renouvelables croit.
Obstacles à la mise en œuvre : pourquoi les projets peinent
Malgré ces objectifs, la concrétisation des centrales au GNL avance lentement. Les intervenants pointent plusieurs freins :
- les difficultés de financement liées à l'instabilité des revenus ;
- le manque de mécanismes contractuels adaptés pour sécuriser l'approvisionnement en combustible sur le long terme ;
- la nécessité d'une meilleure coordination des infrastructures et des régulations.
Le coût du combustible constitue une part importante des budgets d'exploitation. Les acteurs expliquent qu'un contrat d'achat d'électricité (CAE) trop court ou comportant des revenus volatils complique la levée de capitaux et la garantie d'un approvisionnement pérenne en GNL.
Réformes contractuelles et réglementaires préconisées
Pour lever ces verrous, le directeur adjoint du département de l'électricité a recommandé de repenser les mécanismes de contractualisation et de mobilisation des ressources autour de cinq axes principaux. Parmi ceux-ci, la nécessité de concevoir des CAE équilibrés qui répondent simultanément à trois exigences :
- être suffisamment attractifs pour permettre l'accès au financement ;
- offrir la flexibilité opérationnelle requise par le fonctionnement optimal du réseau ;
- assurer la transparence des coûts afin de protéger les consommateurs.
L'enjeu est double : sécuriser les revenus des investisseurs pour rendre les projets bancables, tout en conservant la capacité du système électrique à intégrer des sources variables sans coût excessif pour les ménages et l'industrie.
Quelques données clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Capacité GNL visée d'ici 2030 | 22 400 MW |
| Part estimée de la capacité totale | ~15 % |
| Capacités flexibles à développer | 2 000–3 000 MW |
Conséquences pour l'économie et le consommateur
Si les objectifs sont atteints, le GNL peut faciliter la montée des renouvelables et diminuer les risques de coupures en apportant une production pilotable. En revanche, des contrats et des mécanismes mal conçus risquent d'entraîner des surcoûts répercutés sur les factures ou de freiner les investissements nécessaires au développement des infrastructures gazières et des terminaux d'importation.
Les prochaines étapes dépendront de la capacité des autorités à ajuster les cadres contractuels et réglementaires, et des conditions de marché pour le GNL à l'échelle internationale. À court terme, l'équation consiste à rendre les projets suffisamment sûrs pour les investisseurs tout en garantissant une gestion transparente des coûts pour les consommateurs.