Une enquête judiciaire lancée après une attaque visant le système d'information de la DGFIP
La section cyber du parquet de Paris a annoncé le 15 août 2026 l'ouverture d'une enquête après une cyberattaque visant le système d'information de la Direction générale des finances publiques (DGFIP). Les investigations ont été confiées à l'Office anticybercriminalité (Ofac) et portent, notamment, sur « l'extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l'État ».
Le ministère public précise également que l'enquête couvre des éléments liés à la « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni d'au moins cinq ans d'emprisonnement ». L'administration fiscale a pour sa part qualifié l'opération de « plus sophistiquée » que les précédentes attaques récemment révélées contre des services publics.
Qui est concerné et quelles données ont été copiées ?
Au total, 678 000 usagers — particuliers et entreprises — sont concernés par la fuite. La directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier, a distingué les types de données exposées :
- pour les particuliers : noms et prénoms, quotient familial, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source ;
- pour les entreprises : éléments jugés « moins sensibles », comme le numéro de SIREN et des adresses (entreprise, mandataire).
« Les données dérobées ne permettent pas l'accès au compte sécurisé sur impots.gouv.fr »
Le fisc a insisté sur ce point pour tenter de limiter l'inquiétude : selon l'administration, les fichiers volés ne donnent pas directement accès aux comptes sécurisés des usagers sur impots.gouv.fr. Les personnes affectées doivent toutefois s'attendre à être contactées « en début de semaine » suivante pour être informées des risques d'usurpation d'identité.
Contexte : une série d'incidents récents sur les systèmes publics
Cette fuite intervient dans un contexte où plusieurs services publics ont récemment été touchés par des incidents informatiques, cités par la DGFIP : l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) et l'Insee figurent parmi les précédents évoqués. L'administration appelle à un examen approfondi des dispositifs de sécurité des systèmes d'information de l'État alors que la fréquence et la technicité des attaques semblent croissantes.
Conséquences et démarches pour les personnes concernées
Sur le plan judiciaire, l'ouverture d'une enquête par la section cyber et la saisie de l'Ofac marquent l'entrée d'une procédure visant à identifier les auteurs, leurs méthodes et l'ampleur exacte du préjudice. Sur le plan pratique, les personnes dont les données ont été extraites devront notamment :
- surveiller les courriers et communications officielles annoncées par la DGFIP ;
- rester vigilantes face aux tentatives d'usurpation d'identité ou de phishing ;
- vérifier régulièrement leurs comptes bancaires et, le cas échéant, signaler toute anomalie aux services compétents.
| Eléments | Valeur |
|---|---|
| Date d'annonce | 15 août 2026 |
| Nombre d'usagers concernés | 678 000 |
| Autorité judiciaire saisie | Section cyber du parquet de Paris |
| Enquête confiée à | Office anticybercriminalité (Ofac) |
La DGFIP a demandé aux agents et aux responsables de sécurité informatique de coopérer avec les enquêteurs. Les prochains jours seront déterminants pour préciser l'origine de l'intrusion, l'exact périmètre des données extraites et les mesures de remédiation mises en place par l'État.