Le parquet saisit l’Ofac
Le parquet de Paris a annoncé, le 15 août 2026, l’ouverture d’une enquête après une intrusion visant le portail officiel des impôts, impots.gouv.fr. Les investigations ont été confiées à l’Office anticybercriminalité (Ofac), afin d’identifier l’auteur de l’attaque et d’évaluer l’étendue du préjudice.
Ce que l'on sait des données exfiltrées
Un individu se présentant sous le pseudonyme ZeroBytes a revendiqué l’opération et, selon le recensement publié par le site FrenchBreaches, aurait récupéré un fichier contenant les informations personnelles de 678 438 contribuables. Le fichier inclurait notamment :
- identifiants fiscaux ;
- noms, prénoms, dates et lieux de naissance ;
- adresses postales, numéros de téléphone et adresses e‑mail.
Qualification judiciaire et périmètre de l’enquête
Le parquet évoque explicitement la mise en cause de l’infraction d’« extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État ». Les enquêteurs de l’Ofac devront déterminer les modalités d’accès aux serveurs, la chronologie de l’incident, ainsi que l’origine exacte de l’intrusion et la responsabilité pénale éventuelle.
« l’extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’État »
Conséquences pour les personnes concernées
Les personnes dont les informations figurent dans le fichier s’exposent à des risques accrus de tentatives d’hameçonnage (phishing), d’usurpation d’identité et d’arnaques téléphoniques ou par courriel. À ce stade, les autorités n’ont pas publié de liste officielle des comptes touchés ni communiqué de consignes individuelles systématiques. Les éléments rendus publics indiquent toutefois l’ampleur du fichier et le type de données visées.
Contexte: antécédents du pirate
La revendication intervient après des allégations antérieures selon lesquelles ce même acteur aurait exfiltré des données d’Intermarché Drive, puis tenté de les commercialiser. Les enquêteurs judiciaires devront vérifier la corrélation entre ces événements et établir s’il existe une même chaîne opératoire ou des liens techniques entre les fuites.
| Élément | Valeur connue |
|---|---|
| Nombre de contribuables affectés | 678 438 |
| Autorité judiciaire saisie | Parquet de Paris |
| Service d'enquête | Office anticybercriminalité (Ofac) |
Ce qu’il reste à établir
Les investigations devront préciser si la faille exploitée résulte d’une vulnérabilité logicielle, d’une erreur de configuration, d’un mot de passe compromis ou d’une autre faiblesse. Elles viseront aussi à retracer les flux de données extraites et à déterminer si celles‑ci ont déjà été mises en vente ou diffusées. Enfin, la procédure devra apprécier l’étendue des obligations de notification prévues par la loi, tant vis‑à‑vis des personnes concernées que de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).
La prudence reste de mise pour les contribuables : il est recommandé de surveiller ses courriels et communications, de se méfier des demandes d’information non sollicitées et, le cas échéant, de signaler toute tentative d’escroquerie aux autorités compétentes.