Un problème fréquent et coûteux
Selon le rapport de la Cour des comptes publié le 13 mai 2026, près d'une pension sur neuf attribuées en 2025 par le régime général comportait une erreur financière. Ce taux progresse par rapport à 2024, où il était d'environ une pension sur dix. Les erreurs relevées portent principalement sur des trimestres oubliés, des revenus mal reportés ou des périodes à l'étranger mal prises en compte. Ces écarts pèsent souvent au détriment des bénéficiaires et peuvent, cumulés, représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros sur l'ensemble de la retraite.
Quand déposer sa demande : le calendrier à connaître
La règle essentielle à retenir : la pension n’est pas versée automatiquement, c’est à l’assuré de la demander. Pour éviter toute rupture de revenus, il est conseillé de déposer sa demande idéalement cinq mois avant la date souhaitée de départ. La procédure est dématérialisée : le formulaire unique sur info-retraite.fr transmet la demande à tous les régimes, de base comme complémentaires.
La notification : l'étape décisive
La réception de la notification de pension doit être considérée comme un moment crucial. Avant qu'un montant ne soit figé pour des années, il faut relire le document ligne par ligne, en le confrontant au relevé de carrière. C’est à ce stade que s’identifient le plus souvent les omissions de trimestres ou les erreurs de salaires reportés.
- Vérifier les trimestres : périodes de travail, chômage, maladie, maternité, activités à l'étranger.
- Contrôler les revenus : salaires reportés par l'employeur, périodes d'indépendant, primes.
- Signaler toute incohérence immédiatement auprès des caisses pour correction avant versement final.
Que faire en cas d'erreur constatée ?
Si une anomalie est détectée sur la notification, il faut engager sans délai une réclamation auprès de la caisse qui a instruit le dossier (Cnav pour le régime général, Agirc‑Arrco pour les complémentaires lorsqu'elles sont concernées). Conserver tous les justificatifs (fiches de paie, attestations d'emploi, certificats de périodes à l'étranger) facilite le traitement et la correction des droits.
"La pension n’est jamais versée automatiquement, c’est à l’assuré de la réclamer"
Quelques chiffres pour situer l'enjeu
Le rapport de la Cour des comptes met en lumière une dégradation du taux d'erreurs d'une année sur l'autre. Le tableau ci‑dessous récapitule ces ordres de grandeur :
| Année | Taux d'erreurs (régime général) |
|---|---|
| 2024 | 1 sur 10 |
| 2025 | 1 sur 9 |
Ces écarts, souvent invisibles lors de la vie active, deviennent critiques au moment du départ en retraite. Une simple omission de trimestres ou une rémunération mal prise en compte peut réduire significativement le montant annuel et, sur la durée, représenter des sommes importantes.
Prévenir plutôt que guérir
Le meilleur remède reste la prévention : suivre régulièrement son relevé de carrière tout au long de la vie professionnelle, signaler rapidement toute anomalie à son employeur ou aux caisses, et anticiper la demande de pension. La notification doit être relue avec rigueur : il s'agit de l'ultime occasion de corriger des éléments qui, s'ils sont négligés, peuvent perdurer pendant des décennies.
En pratique, déposer sa demande via info‑retraite.fr, conserver soigneusement les justificatifs et contrôler la notification sont des gestes simples mais indispensables pour limiter le risque d'erreur et protéger son niveau de vie à la retraite.