Un signal politique sur le CIR lors des Rencontres d'Aix
Lors d'une table ronde organisée le 5 juillet 2026 aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a reconnu que le crédit d'impôt recherche (CIR) pouvait être remis à plat. Cette prise de position intervient après des critiques répétées de spécialistes, parmi lesquels le prix Nobel d'économie Philippe Aghion, qui a estimé que le dispositif était « pas bien ciblé ». Le ministre a précisé que toute évolution serait liée à une contrepartie budgétaire.
Montant en jeu et diagnostic partagé
Le CIR représente selon les intervenants un coût public important, chiffré dans les débats à 7 milliards d'euros. Roland Lescure a qualifié le dispositif d'« un totem » mais pas d'un tabou, soulignant que son efficacité pour soutenir les innovations de rupture pouvait être discutée. Il a livré une critique pragmatique : si certaines grandes entreprises captent ces avantages sans produire d'efforts significatifs en matière d'innovation radicale, la dépense publique mérite d'être réexaminée.
« Le CIR n’est pas un tabou, un peu un totem, mais on en parle tous les ans au projet de loi de finances. »
Conditions posées par le ministre
Importante nuance formulée par le ministre : un recentrage du CIR ne serait envisageable qu'à condition d'une baisse équivalente des prélèvements obligatoires. Autrement dit, toute modification structurelle du mécanisme devrait s'accompagner d'un allégement général de la pression fiscale, selon la position exprimée lors de la table ronde. Le calendrier annoncé renvoie au prochain budget, où le sujet sera débattu.
Qui est concerné — et qui ne l'est pas
- Visés : les bénéficiaires du CIR, en particulier les entreprises dont les travaux sont considérés comme peu orientés vers l'innovation de rupture.
- Ciblés : les projets qualifiés de « vraie innovation de rupture » ou de recherche appliquée, qui pourraient devenir la priorité d'un dispositif redéfini.
- Non concernés : le ministre n'a pas donné de liste fermée d'exclusions mais a mis en garde contre l'utilisation du CIR par des entreprises pour des activités non qualifiantes (ex. interrogations sur des grands groupes de distribution).
Conséquences et débats à venir
Si le recentrage se confirmait, il ouvrirait plusieurs pistes : meilleure définition des critères d'éligibilité, mécanismes de conditionnalité (par ex. remboursement en cas de délocalisation), et redéploiement vers des projets à fort impact technologique. En parallèle, la demande explicite d'une baisse corrélée des prélèvements obligatoires pose un choix politique majeur : maintenir le niveau global de soutien public à l'innovation tout en modifiant sa ventilation, ou réduire le coût budgétaire net du dispositif.
| Élément | Valeur / précision |
|---|---|
| Montant évoqué | 7 milliards d'euros |
| Moment du débat | Prochain budget |
Le sujet fera inévitablement l'objet de discussions entre l'exécutif, le Parlement et les représentants des entreprises. Les positions détaillées et les arbitrages budgétaires détermineront l'ampleur et la nature d'un éventuel réajustement du CIR dans les mois à venir.