Une mesure ciblée pour préserver l’emploi saisonnier après les incendies
Le gouvernement a annoncé vendredi une extension exceptionnelle du dispositif d'activité partielle pour les saisonniers du Sud-Ouest présents lors des récents incendies, même lorsqu'ils ne disposaient pas d'un contrat au moment des événements. L'objectif affiché est de reconnaître la fidélité de travailleurs qui reviennent régulièrement dans les mêmes entreprises et d'éviter une rupture de revenus lors d'une période où l'activité a été suspendue.
Qui est concerné et sur quelle base ?
Peuvent bénéficier de cette dérogation les saisonniers dits « récurrents » ayant travaillé pour la même entreprise au cours des deux années précédentes — l'année dernière et l'année antérieure — mais qui, faute de contrat formel lors des incendies, n'entraient pas dans le dispositif habituel. Le ministre des PME, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat a souligné que ce groupe représentait « un pourcentage plutôt minoritaire » des saisonniers concernés par les perturbations.
« Tous ceux qui étaient là depuis deux ans, [l'année dernière et l'année précédente], et qui n'avaient pas forcément de contrat mais une fidélité aux entreprises »
Concrètement, cette mesure vise à alléger les conséquences financières immédiates subies par des personnes privées de revenus en raison de la fermeture d'établissements — supermarchés, restaurants, boutiques de souvenirs ou de vêtements, locations de matériel — obligés d'interrompre temporairement leur activité.
État des lieux et modalités pratiques
Selon la préfecture de la Gironde, plus de 800 demandes d'activité partielle avaient été déposées pour des entreprises sinistrées au moment de l'annonce. Le gouvernement prévoit par ailleurs que certains commerces alimentaires pourraient rouvrir sous deux à quatre jours, tandis que les autres points de vente réactiveraient leur activité « assez vite » après les opérations d'entretien — tri des stocks, nettoyage, remise en conformité des équipements frigorifiques, retrait de produits périmés ou souillés par la suie.
- Public cible : saisonniers récurrents présents lors des incendies mais sans contrat en cours.
- Critère temporel : présence au cours des deux années précédentes.
- Objectif : maintenir un lien économique et éviter une perte de revenus pour les travailleurs saisonniers fidèles.
Conséquences pour les salariés et les employeurs
Pour les saisonniers, cette dérogation limite l'interruption de revenu et facilite un retour rapide à l'emploi dès la réouverture des établissements. Pour les employeurs, elle réduit les tensions de recrutement au moment de la reprise et permet de bénéficier d'une main-d'œuvre connue et opérationnelle, évitant un recours immédiat à des embauches nouvelles ou à des campagnes de recrutement coûteuses.
Un dispositif ad hoc en lien avec des plateformes
Le ministre a indiqué travailler avec la startup Ohmyseason pour faciliter la mise en relation entre entreprises en recherche de main-d'œuvre et saisonniers disponibles. Cette coopération illustre une tendance : l'utilisation d'outils numériques pour fluidifier la réaffectation de travailleurs temporaires en situation de crise.
| Élément | Chiffres/indications |
|---|---|
| Demandes d'activité partielle | plus de 800 |
| Critère d'ancienneté | présence sur 2 ans (années précédentes) |
| Horizon de réouverture (alimentaire) | 2 à 4 jours |
Restent des questions pratiques : les modalités administratives de la dérogation, le calendrier précis des versements pour les saisonniers sans contrat au moment des incendies et le suivi des entreprises qui bénéficieront du dispositif. Sur le terrain, l'efficacité de la mesure dépendra de la rapidité des préfectures et des organismes gestionnaires à instruire les dossiers, ainsi que de la capacité des commerces sinistrés à remettre en état leurs locaux pour reprendre une activité durable.