Décision confirmée : pas de gel du barème
Lors d'une intervention médiatique le 13 septembre 2026, la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a déclaré que l'exécutif n'entend pas proposer, dans le projet de loi de finances 2027, un gel du barème de l'impôt sur le revenu. Selon elle, une telle mesure provoquerait « mécaniquement une hausse d'impôts pour l'ensemble des Français ». Le gouvernement prévoit au contraire une indexation du barème sur l'inflation complète.
Cette position s'inscrit dans la promesse répétée du Premier ministre, Sébastien Lecornu, de ne pas introduire « d'impôt nouveau » dans le budget 2027. La porte-parole n'a pas chiffré le coût précis de la revalorisation du barème, mais a souligné que, en pratique, son maintien à l'inflation pourrait conduire à une légère baisse d'impôt pour certains foyers, en raison du relèvement des seuils de tranche.
Qui est concerné et quelles implications ?
La mesure vise directement les contribuables assujettis à l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire l'ensemble des foyers dits imposables relevant du barème progressif. En clair :
- si le barème est indexé sur l'inflation, les seuils de chaque tranche sont relevés et certains contribuables peuvent voir leur imposition diminuer ou progresser moins vite ;
- à l'inverse, le gel des seuils entraîne un « effet d'horizon » d'augmentation automatique des recettes fiscales si les salaires ou les revenus nominaux continuent d'augmenter.
« Nous proposerons l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation complète, pas en partie. Il est hors de question de geler ce qu'on appelle le barème. »
La déclaration reflète un choix politique clair : préserver, dans une certaine mesure, le pouvoir d'achat des contribuables en évitant l'« inflation fiscale » que provoquerait le non-ajustement des seuils. Le gouvernement met toutefois cette décision en regard de l'impératif budgétaire : il affirme rechercher 30 milliards d'euros d'économies pour réduire déficit et dette.
Le rôle des retraités dans l'effort d'économie
Parmi les pistes évoquées, l'exécutif envisage de mobiliser les pensions à hauteur de 6 milliards d'euros. Maud Brégeon a tenu à préciser que « les retraités ne porteront pas l'effort central de ce budget » et que « aucun retraité ne verra évidemment sa pension diminuer », ajoutant que les retraités les plus modestes seront principalement préservés. Reste que le gouvernement admet que la répartition de l'effort sera discutée avec les députés lors des débats budgétaires à partir d'octobre.
Conséquences fiscales et calendrier
Concrètement, l'indexation complète du barème sur l'inflation signifie que, lors de la préparation du budget, l'administration fiscale devra mettre à jour les seuils des tranches afin de tenir compte de la variation des prix sur la période retenue. La discussion parlementaire commencera en octobre ; la loi de finances 2027 dira si cette indexation est confirmée et quelles autres mesures d'économies seront adoptées pour atteindre l'objectif de 30 milliards.
| Élément | Montant / statut |
|---|---|
| Objectif d'économies | 30 milliards d'euros |
| Contribution potentielle des pensions | 6 milliards d'euros |
| Décision sur le barème | Indexation sur l'inflation complète |
Enjeux
Le choix d'éviter le gel du barème répond à une logique de protection du pouvoir d'achat mais complique l'arithmétique budgétaire. Entre la nécessité de trouver des économies substantielles et la volonté d'éviter une hausse structurelle des prélèvements, le gouvernement devra décider des secteurs et des catégories de population qui participeront à l'effort. Les prochaines semaines, lors de l'examen parlementaire, permettront de connaître précisément les arbitrages et les chiffrages définitifs.