Le Livret A : quasi‑universalité et fonctions différenciées selon les générations
Le Livret A demeure le placement le plus connu des Français : 57 millions de détenteurs et une notoriété déclarée de 91% selon un sondage OpinionWay pour la Caisse d’Epargne. Derrière ce chiffre se dessinent des usages et des connaissances très distincts selon l’âge, le diplôme et le niveau de revenu du foyer.
Parmi les produits d’épargne cités par les personnes interrogées, l’assurance‑vie arrive en second avec 71%, puis le plan d’épargne logement (PEL) à 69%. Le LDDS et le Plan Épargne Retraite (PER) sont chacun cités par 57% des répondants — notable pour le PER, créé en octobre 2019, dont la notoriété a rapidement progressé.
Produits plus risqués : faible visibilité
Les véhicules plus « dynamiques » et risqués restent minoritaires dans la conscience collective : le PEA est cité par 45% des sondés, les cryptoactifs par 34% et les ETF par seulement 9%. En moyenne, chaque Français est capable de nommer 5,3 produits d’épargne, un score qui augmente avec l’âge, le diplôme et le revenu.
| Produit | Notoriété déclarée |
|---|---|
| Livret A | 91% |
| Assurance‑vie | 71% |
| PEL | 69% |
| LDDS | 57% |
| PER | 57% |
| PEA | 45% |
| Cryptoactifs | 34% |
| ETF | 9% |
Usage : sécurité pour les seniors, tremplin pour les jeunes
Lorsque les titulaires décrivent leur usage du Livret A (924 répondants concernés), 52% le définissent d’abord comme un « matelas de sécurité pour les urgences ». Viennent ensuite : 17% qui l’envisagent comme une première étape avant d’investir ailleurs, 14% l’utilisent faute d’alternative connue et 12% le considèrent comme leur placement principal.
Mais ces fonctions ne sont pas réparties uniformément : la logique d’épargne de précaution domine chez les plus âgés — 64% des 65 ans et plus, 63% des 50–64 ans — alors qu’elle chute à 32% pour les moins de 35 ans et à 27% pour les 18–24 ans. Pour les jeunes, le Livret A apparaît davantage comme un point de départ vers d’autres placements.
- Connaissance liée au niveau d’études : 95% des diplômés supérieurs à Bac+2 connaissent le Livret A contre 84% des personnes sans diplôme.
- Écart générationnel : la notoriété des cryptoactifs n’est que légèrement supérieure chez les moins de 35 ans (35%) et atteint 40% chez les 18–24 ans, tandis que la connaissance des ETF reste limitée (8% des 18–24 ans).
- Rôle central mais évolutif : le Livret A conserve son rôle de réserve de liquidités, mais son usage comme tremplin est plus marqué chez les plus jeunes.
Conséquences pour l’épargne des Français
La position dominante du Livret A illustre à la fois la préférence pour la sécurité et les limites d’information sur des produits plus diversifiés. La forte notoriété contraste avec la faible familiarité avec des outils susceptibles d’offrir une exposition au marché (ETF, PEA, unités de compte dans l’assurance‑vie). Le profil des connaisseurs — plus âgés, plus diplômés, plus aisés — suggère que l’ouverture vers des placements plus performants reste liée à l’éducation financière et aux capacités d’épargne.
Pour les acteurs du marché et les pouvoirs publics, ces chiffres soulignent deux enjeux : améliorer l’information sur les alternatives et accompagner différemment les publics selon l’âge et le niveau de diplôme afin que la « première étape » (le Livret A) reste un bénéfice et non une finalité quand d’autres stratégies peuvent être pertinentes selon les objectifs et l’horizon.