Le président du Medef, Patrick Martin, a réactivé mardi la polémique sur la prise en charge des arrêts maladie de court terme en proposant qu'ils ne soient plus remboursés « ni par le régime de base ni par les complémentaires santé ». L'intervention, faite sur France 2, intervient au moment où le gouvernement a annoncé l'ouverture de discussions avec les partenaires sociaux sur le sujet.
Les propos et leur portée
« Bien sûr qu’il faut faire des économies »
Cette phrase, prononcée par M. Martin, explicite le double objectif affiché : réaliser des économies sur les dépenses de santé et, selon lui, dissuader des comportements considérés comme abusifs. Le président du Medef a estimé qu'un non-remboursement des arrêts courts aurait un « effet comportemental » sur ceux qui en auraient « abusé ».
Ce que la proposition impliquerait
- Pour les salariés : un alourdissement potentiel du reste à charge pour des arrêts de courte durée, sauf prise en charge par l'employeur ou par un dispositif complémentaire spécifique.
- Pour les entreprises : une réduction potentielle de l'impact financier direct des absences à condition que la réforme réduise effectivement le nombre d'arrêts jugés injustifiés ; en revanche, le patronat refuse que la charge soit déplacée vers les complémentaires ou les salariés.
- Pour l'assurance maladie : une baisse possible des dépenses liées aux arrêts courts si la mesure produit l'effet dissuasif attendu, mais aussi des questions juridiques et sociales sur la définition des « abus ».
Contexte politique et économique
La déclaration de M. Martin survient alors que le gouvernement annonce de nouvelles mesures face à l'inflation et ouvre un cycle de discussions sur les arrêts maladie. Le patronat souligne par ailleurs la pression sur les marges des entreprises liée à la hausse des prix de l'énergie et des intrants, pointant les limites de leur capacité à compenser ces coûts par des augmentations salariales.
Acteurs et enjeux
| Acteur | Position / enjeu |
|---|---|
| Medef | Propose le non-remboursement des arrêts courts pour créer une contrainte comportementale et réduire les dépenses. |
| Salariés / syndicats | Risque d'augmenter le reste à charge et de fragiliser les salariés malades, position critique attendue. |
| Assurance maladie | Interlocuteur clé pour chiffrer l'impact ; débat sur périmètre et modalités de mise en œuvre. |
La proposition soulève des questions de faisabilité et d'équilibre social : comment définir un arrêt « de courte durée » susceptible d'être exclu du remboursement ? Qui supportera le coût réel des absences médicales ? Ces interrogations seront au cœur des prochaines discussions entre l'État, le patronat et les organisations syndicales.
Au-delà de l'effet d'annonce, l'enjeu est de savoir si une telle mesure pèsera réellement sur la maîtrise des dépenses sans fragiliser des salariés déjà exposés à la précarité et à l'inflation. Le dialogue social engagé à partir de cette proposition permettra de mesurer les arbitrages politiques et économiques à venir.