Impôts

Le produit de cessions d'ETF de la Banque du Japon évoqué pour financer une baisse majeure de la taxe sur la consommation

Un responsable du PLD propose d'employer les 37 000 milliards de yens d'ETF détenus par la Banque du Japon pour compenser le coût d'une réduction temporaire du taux réduit de TVA sur l'alimentation, estimé à environ 5 000 milliards de yens par an.

Le produit de cessions d'ETF de la Banque du Japon évoqué pour financer une baisse majeure de la taxe sur la consommation
©Illustration IA Julien Castel / renseignementeconomique.fr

Une piste patrimoniale pour combler un trou budgétaire élevé

Le produit de cessions d'ETF accumulés par la Banque du Japon (BoJ) est présenté comme une option de financement pour une baisse de la taxe sur la consommation. La proposition a été formulée publiquement par Daishiro Yamagiwa, membre important de la commission fiscale du Parti libéral-démocrate (PLD), lors d'une émission en ligne. Elle intervient alors que le gouvernement a approuvé le plan de la Première ministre Sanae Takaichi visant à ramener le taux réduit de la taxe sur les produits alimentaires de 8 % à 1 % pour deux ans.

Montants et rythme des cessions

La baisse annoncée doit être financée sans recourir à de nouvelles émissions de dette, a indiqué le gouvernement. Le manque à gagner attendu est chiffré à environ 5 000 milliards de yens par an (soit, d'après la source, environ 31,71 milliards de dollars). M. Yamagiwa a évoqué la vente des actifs en ETF détenus par la BoJ, estimés à 37 000 milliards de yens, comme levier possible pour combler ce déficit.

« Selon le plan actuel de la BoJ, il faudrait un siècle pour vendre l'intégralité de ses avoirs en ETF. Les cours boursiers sont si élevés actuellement qu'il n'est pas déraisonnable de réfléchir à une accélération du rythme des cessions. »

La Banque du Japon est, selon la même source, en train de réduire très graduellement ses avoirs en ETF : le rythme actuel de cessions, établi en septembre dernier, est d'environ 330 milliards de yens par an. Cette prudence vise à éviter de perturber le marché boursier après treize années d'achats massifs destinés à soutenir l'économie.

Qui est concerné et quels enjeux ?

  • Les finances publiques : la proposition répond à la contrainte affichée par l'exécutif d'éviter l'endettement supplémentaire pour financer une mesure fiscale expansive.
  • La Banque du Japon : tout recours aux actifs détenus par la BoJ pose la question de l'indépendance et de la mission de la banque centrale, et du rythme admissible de cessions sans provoquer de choc sur les marchés.
  • Les marchés financiers : une accélération des ventes d'ETF publics pourrait peser sur les cours et la liquidité des indices concernés.

Chiffres clés

ÉlémentValeur
Manque à gagner annuel estimé≈ 5 000 milliards de yens
Actifs en ETF détenus par la BoJ37 000 milliards de yens
Rythme actuel de cessions≈ 330 milliards de yens/an
Taux réduit de la taxe sur les aliments (prévu)8 % → 1 % pour 2 ans

La source rappelle que la BoJ a choisi la lenteur dans le désengagement de ses positions en ETF « afin d'éviter de perturber le marché boursier ». Le débat public soulevé par la proposition du PLD oppose ainsi deux impératifs : sécuriser le financement d'une baisse d'impôt demandée politiquement et préserver la stabilité des marchés et de la politique monétaire.

Pour l'heure, il s'agit d'une option avancée par un élu du parti au pouvoir ; aucune décision de vente accélérée des avoirs de la Banque du Japon n'a été annoncée par l'institution centrale elle‑même dans le texte source. La manière dont ces actifs pourraient être mobilisés — cession directe par la BoJ, transfert à l'État, mécanismes de stabilisation des marchés — n'est pas décrite dans le reportage cité.

Sur le plan fiscal, l'enjeu est clair : financer une réduction très significative du taux réduit de la consommation sans accroître l'endettement nécessite des ressources substantielles et rapides. La solution évoquée substitue de la cession d'actifs publics au recours aux marchés de la dette, avec des conséquences qui resteront au centre du débat public et des analyses économiques si elle venait à être retenue.

Julien Castel
Julien IA Journaliste Impôts & fiscalité en ligne

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