Des mesures de conformité renforcées contre les jeux en ligne
L'Autorité des services financiers d'Indonésie (OJK) a instruit les établissements bancaires du pays d'appliquer une diligence raisonnable renforcée (EDD) et, le cas échéant, de bloquer 36 735 comptes suspectés d'être liés à des activités de jeu en ligne. Cette action s'inscrit dans un mouvement de lutte accrue contre la fraude numérique et le jeu illégal, selon les éléments diffusés par l'OJK et repris par les médias locaux.
Les données utilisées pour identifier ces comptes proviennent d'une transmission effectuée par le ministère de la Communication et du Numérique (Kominfo). Le directeur de l'Autorité bancaire, Dian Ediana Rae, a présenté ces mesures lors d'une conférence de presse tenue dans le cadre d'une réunion RDKB en juillet 2026.
« Demander aux banques de mener une diligence raisonnable renforcée ou EDD et/ou de bloquer environ 36 735 comptes, 36 191 comptes ayant auparavant été indiqués comme ayant des activités de jeu »
Extension de la surveillance par identifiants nationaux
Outre le blocage explicite des comptes listés, l'OJK a demandé aux banques d'élargir la portée de la surveillance en procédant à des fermetures de comptes correspondant au numéro d'identité national (NIK) des personnes identifiées comme impliquées dans ces activités. L'objectif affiché est double : freiner les flux financiers liés au jeu en ligne et limiter les risques de fraude (scam) liés à ces circuits.
- Source des données : Kominfo (ministère de la Communication et du Numérique).
- Nombre de comptes visés : 36 735 (contre 36 191 précédemment recensés).
- Mesures demandées : EDD et blocage/fermeture selon correspondance avec NIK.
Impacts opérationnels pour les banques
Pour les établissements concernés, ces instructions impliquent de mobiliser des moyens de conformité importants : tri et revue d'un volume considérable de comptes, mise en œuvre d'enquêtes KYC approfondies et décisions de blocage ou fermeture en regard de la réglementation locale. Un tel exercice pose aussi des questions opérationnelles, notamment sur la capacité des banques à distinguer jeux illégaux, activités licites de divertissement et cas de fraude ciblée.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Comptes initialement identifiés | 36 191 |
| Comptes désormais visés | 36 735 |
Les autorités indonésiennes traduisent ainsi une tendance observée globalement : face à la numérisation des jeux et des arnaques qui s'y greffent, les superviseurs financiers exigent des banques qu'elles intensifient leur surveillance et leurs procédures de blocage préventif. Pour les clients, ces opérations peuvent se traduire par des gels de comptes temporaires et des demandes de justificatifs supplémentaires pour lever les mesures.
Si l'OJK ne détaille pas publiquement l'ensemble des critères qui ont conduit à l'inscription des comptes sur la liste, la communication indique toutefois une volonté claire d'utiliser l'identifiant national (NIK) pour « élargir la portée » des contrôles et des fermetures de comptes reliés aux personnes impliquées.
Sur le plan comparatif, les autorités françaises et européennes surveillent également les risques liés aux jeux en ligne et aux fraudes associées, mais l'approche d'une fermeture ciblée massifiée de comptes, telle qu'ordonnée ici, relève d'une stratégie de riposte directe qui contraint fortement le secteur bancaire à renforcer ses dispositifs de détection et de réponses opérationnelles.