Un rapport d'évaluation rapide publié lors d'un atelier technique organisé par l'Office national des statistiques du Vietnam met en évidence un paradoxe : le pays dispose d'un important volume de données pertinentes pour la transition écologique, mais peine à les transformer en informations exploitables pour la politique publique. Le document a été réalisé dans le cadre de la coopération stratégique entre le Vietnam et le Danemark, avec l'appui de l'ambassade danoise et d'un consultant indépendant.
Des données nombreuses, mais fragmentées
Selon le rapport, le Vietnam possède un système riche en données administratives, statistiques et techniques couvrant ministères, secteurs et agences publiques. Pourtant, ces jeux de données ont été majoritairement constitués pour répondre à des besoins sectoriels spécifiques, ce qui a entraîné des écarts importants dans les formats et les standards.
- Absence de normalisation : des formats et définitions variables entre organismes.
- Manque d'interopérabilité : les systèmes ne communiquent pas facilement entre eux.
- Métadonnées insuffisantes : information limitée sur l'origine, la méthode et la qualité des données.
- Capacités de partage réduites : barrières techniques et organisationnelles à l'échange.
Conséquences pour la planification et le suivi des ODD
Ces lacunes compliquent l'utilisation des données administratives au service des statistiques officielles et de la formulation de politiques fondées sur des preuves. Sans standardisation ni intégration, il devient difficile d'établir des indicateurs fiables pour suivre la stratégie de croissance verte et les objectifs de développement durable (ODD), ou d'orienter les priorités d'investissement public en matière d'énergie, de climat et d'environnement.
« Outre l’énergie, le climat, l’investissement, l’emploi et l’environnement, la transition écologique est également liée à un élément moins visible : l’information. Des décisions politiques judicieuses doivent repos »
La citation partielle reprise dans la présentation du rapport rappelle que l'information elle-même est un facteur clé de la transition. Les autorités danoises ont par ailleurs assuré leur soutien continu pour améliorer la qualité des systèmes de données vietnamiens.
Vers un programme national de données pour la croissance verte ?
Le rapport vise explicitement à évaluer la disponibilité, l'accessibilité, l'utilisabilité et la préparation à l'intégration des sources de données pour le suivi des politiques vertes. Ces axes constituent des leviers possibles d'action : établir des normes communes, enrichir les métadonnées, développer des cadres d'interopérabilité et renforcer les capacités de partage entre administrations.
| Dimension évaluée | Objet de l'évaluation |
|---|---|
| Disponibilité | Existence de jeux de données pertinents |
| Accessibilité | Capacité à accéder aux données entre organismes |
| Utilisabilité | Qualité et documentation (métadonnées) |
| Préparation à l'intégration | Existence de standards et d'interfaces |
Le passage d'un stock de données dispersé à un système intégré demanderait des investissements techniques et institutionnels, ainsi que des accords de gouvernance sur le partage et la qualité. Pour les décideurs, l'enjeu est clair : sans une meilleure structuration, les données resteront sous-exploitées et la capacité à cibler efficacement les politiques climatiques et environnementales sera affaiblie.
La coopération avec le Danemark, qui s'est engagée à soutenir les efforts vietnamiens, pourrait fournir un cadre méthodologique et des ressources techniques pour lancer un programme national des données dédié à la croissance verte. Reste à traduire ces recommandations en chantiers concrets — normalisation des formats, plateformes d'échange, formation des agents — pour que l'information cesse d'être un verrou et devienne un moteur de la transition.